Il aura fallu un décès pour nous motiver à conclure 2011 sur une mise à jour digne de ce nom, après quelques mois de latence : remercions donc Kim Jong-il pour son aura positive sur Symphozik. Et last but not least, nous avons achevé la nouvelle biographie de Gustav Mahler, qui n’a rien à envier en longueur à une symphonie du maître.
| * 1714 | • 1643 | • 1729 | • 1750 | • 1750 | • 1751 | † 1787 |
| Naissance 02/07/1714 | Mort 15/11/1787 | Nation Allemagne | Époque musicale Classique |
Né le 2 juillet 1714 à Erasbach (au nord de Munich, Allemagne du sud), Christoph Willibald Gluck est le fils d’un garde forestier. Il manifeste assez tôt un vif intérêt pour la musique, il apprendra rapidement à jouer de quelques instruments, mais on ne sait pas grand-chose de plus...
En 1736, il commence sa carrière chez le prince Ferdinand Philipp Lobkowitz. Mais à Vienne, l’Empereur impose son goût pour l’opéra italien et Gluck décide de se perfectionner dans ce domaine en partant pour Milan en 1737, au service du prince lombard Melzi. Il restera là -bas pendant huit ans. Ses premières années se déroulent auprès du célèbre Giovanni Battista Sammartini. Il donne son premier opéra (Artaserse) en 1741.
En 1745, Gluck part à Londres avec son ancien protecteur, le prince Lobkowitz. Il rencontre Georg Friedrich Haendel et on joue son opéra La Caduta dei Giganti. C’est un échec total (tout comme le second, Artamene en 1746), et G.F. Haendel dira de Gluck qu’il “maîtrise moins bien le contrepoint que son cuisinier“. Vexant...Mais le compositeur déchu ne s’avouera pas battu : il se forge une réputation de virtuose...de l’harmonica de verre et gagne la sympathie du public anglais.
En 1746, Gluck quitte l’Angleterre avec une compagnie d’opéra italien pour parcourir l’Europe : Dresde, Hambourg, Vienne, Copenhague,...Autant de villes qui le font connaître. À Vienne en 1750, il reçoit maintenant des commandes de l’étranger. Une de ses partitions les plus remarquables date de cette époque : la Clemenza di Tito (La clémence de Titus) dont le livret servira également à Wolfgang Mozart en 1791.
En 1756, il est décoré par le Pape “Chevalier de l’ordre de l’éperon d’Or“ (whaouh !) grâce au succès d’Antigono.
Gluck s’intéresse au vaudeville français dont le chant est plus sobre. Il y consacre quelques compositions telles que L’ivrogne corrigé (1760), Le Cadi dupé (1761), La rencontre imprévue (1764). Il se rend à Paris et y donne son Orféo en août 1774. Gluck obtient l’appui de Marie Antoinette car il est son ancien professeur de musique. Après de longues démarches, son opéra Iphigénie en Aulide est créé à l’Opéra de Paris le 18 avril 1774 et c’est un triomphe. Orféo devient un opéra français : Orphée. Gluck “francise“ ainsi plusieurs de ses opéras et obtient de vifs succès, ce qui vexe les tenants de l’italianisme qui se regroupent auprès d’un compositeur italien qui vient d’arriver à Paris : Niccolo Vito Piccinni. Les Gluckistes et les Piccinnistes vont se livrer des joutes pendant plusieurs années.
Fatigué, Gluck retourne à Vienne en 1781 où il fait la connaissance de Mozart. Après plusieurs attaques, il y meurt le 15 novembre 1787. Il sut mieux que personne réaliser la fusion des styles lyriques divers. Il reste, de nos jours, le grand réformateur de l’opéra français qui, près d’un siècle après Jean-Baptiste Lully, manquait passablement d’imagination.