Il aura fallu un décès pour nous motiver à conclure 2011 sur une mise à jour digne de ce nom, après quelques mois de latence : remercions donc Kim Jong-il pour son aura positive sur Symphozik. Et last but not least, nous avons achevé la nouvelle biographie de Gustav Mahler, qui n’a rien à envier en longueur à une symphonie du maître.
| * 1567 | • 1400 | • 1572 | • 1597 | • 1600 | • 1607 | • 1643 | † 1643 |
| Naissance 15/05/1567 | Mort 29/11/1643 | Nation Italie | Époque musicale Baroque |
Biographie standard Biographie courte |
Né en mai 1567 à Crémone, en Italie, baptisé le 15, Claudio Monteverdi est le fils de Maddalena (née Zignani) et de Baldassare, médecin qui peut assurer à ses cinq enfants, dont Claudio est l’aîné, une bonne éducation générale (en témoigne le style et les choix littéraires du futur compositeur, qui ont même porté certains biographes à estimer possible qu’il ait un temps étudié à l’université de la ville) et musicale. En effet, dès ses jeunes années, Claudio Monteverdi apprend à jouer de la viole et suit les leçons du maître de chapelle et polyphoniste Antonio Ingegneri, qui influencera bien évidemment les premières compositions de son élève, et dont ce dernier se réclamera jusqu’en 1590. Son premier opus, les Sacrae cantiunculae (recueil de vingt-trois pièces religieuses), est daté de 1582.
Le compositeur ne s’adonne pas exclusivement à la musique sacrée puisqu’il se consacrera au contraire en grande partie à l’écriture de madrigaux, pièces vocales polyphoniques se basant sur des textes profanes : c’est en 1587 que sont publiées les 21 pièces de son premier livre de madrigaux à cinq voix. À noter que le madrigal symbolise alors souvent une sorte de patriotisme musical populaire qui s’oppose aux œuvres sacrées de l’école franco-flamande ou des maîtres de chapelle étrangers.
À la cour de Mantoue
En 1590, Monteverdi entre à la cour de Vincent de Gonzague à Mantoue comme chanteur et violoniste. Cette ville, qu’il ne quittera que des années plus tard, le voit composer alternativement madrigaux et œuvres sacrées (ses deuxième et troisième livres de madrigaux sont respectivement datés de 1590 et 1592). Sa situation n’est apparemment pas à plaindre puisqu’en plus d’un certain succès (son troisième livre sera réimprimé huit fois de 1592 à 1622, et sera diffusé à l’étranger), il profite d’un mécène exubérant porté sur les arts (mais le talent et la renommée grandissante de Claudio ne lui assureront pas, à Mantoue, une aisance financière, en raison notamment de retards importants dans le paiement de son salaire). C’est également à Mantoue qu’il rencontre et épouse en 1599 Claudia Cattaneo, qui décèdera malheureusement en 1607, en lui laissant trois enfants.
Monteverdi connaîtra à Mantoue un adversaire acharné en la personne du chanoine de Bologne, le quelque peu conservateur Giovanni Artusi, qui juge dans ses critiques, sans toutefois nommer le compositeur, qu’une œuvre trop moderne "ne tient aucun compte des saints principes ayant trait à la mesure et au but de la musique". Prudemment, Monteverdi évite de croiser prématurément le fer avec le querelleur, qui ne lui portera d’ailleurs pas un gros préjudice, comme l’avenir le démontrera (un peu de suspens, que diable !)...
L’Euridice de Peri
Le six octobre de l’an 1600, à Florence, à l’occasion du mariage par procuration de Henri IV de France avec Marie de Médicis, Monteverdi assiste à la représentation de l’Euridice de Jacopo Peri, sur un livret d’Ottavio Rinuccini. L’œuvre est d’importance, puisqu’il s’agit du premier opéra qui nous soit parvenu (La Dafne, du même compositeur, ayant été perdue depuis). La mise en scène tout comme la musique sont autant de réussites pour cette œuvre d’un style nouveau.
Suite au décès de Benedetto Pallavicino, le vingt-six novembre 1601, qui succédait lui-même à Jacques (ou Giaces) de Wert (par ailleurs illustre madrigaliste), notre protagoniste obtient la direction de la chapelle de la cour de Mantoue. C’est, on l’imagine, un beau pied-de-nez à Artusi, qui continuera cependant, toujours en vain, à poursuivre de ses ardeurs critiques "les accords de septième et de neuvième dont les anciens n’ont jamais enseigné qu’ils dussent être employés sans préparation et de manière aussi systématique" (du coup, j’imagine Artusi comme une sorte de mélange entre le schtroumpf à lunettes et le père Blaise). Monteverdi ne répondra à ces critiques qu’en 1605, dans la préface de son Cinquième livre de madrigaux.
C’est en 1607, à l’occasion du carnaval de la ville, que Monteverdi compose sa première œuvre scénique, son chef-d’œuvre Orfeo, sur un livret d’Alessandro Striggio.
En 1613, c’est sa consécration avec sa nomination comme Maître de chapelle à Saint-Marc (Venise). Là, il réussit à restaurer un chœur laissé à l’abandon par son prédescesseur.
Monteverdi meurt le 29 novembre 1643 à Venise. C’est un des meilleurs compositeurs de l’époque, qui a su innover dans sa musique, en employant des harmonies peu usitées à l’époque (septièmes de dominantes, etc.). Sa musique marque également une transition entre la musique de la Renaissance (Gregor Aichinger, Jacques Arcadelt, Adriano Banchieri...) et l’ère baroque (Johann Sebastian Bach, Tomaso Albinoni, Marin Marais,...).
Biographie en cours de réécriture, mises à jour fréquentes.