Il aura fallu un décès pour nous motiver à conclure 2011 sur une mise à jour digne de ce nom, après quelques mois de latence : remercions donc Kim Jong-il pour son aura positive sur Symphozik. Et last but not least, nous avons achevé la nouvelle biographie de Gustav Mahler, qui n’a rien à envier en longueur à une symphonie du maître.
| * 1811 | • 1800 | • 1814 | • 1821 | • 1830 | • 1830 | • 1850 | • 1870 | • 1876 | † 1886 |
| Naissance 22/10/1811 | Mort 31/07/1886 | Nation Hongrie | Époque musicale Romantique |
Né à Doborján, en Hongrie (aujourd’hui Raiding en Autriche), le 22 octobre 1811, Franz Liszt est le fils du régisseur du Prince Esterhazy (chez qui Joseph Haydn a également travaillé pendant 30 ans). Le père est musicien et il offrira un piano à son fils rapidement. Celui-ci donne à neuf ans sa première représentation publique et enthousiasme plusieurs mécènes hongrois qui lui permettent de poursuivre de sérieuses études musicales.
L’enfant s’établit avec sa famille à Vienne. Il a pour professeur Antonio Salieri et Carl Czerny, l’élève de Ludwig van Beethoven, qui est tellement enthousiasmé qu’il ne demande aucune rétribution pour ses cours. Liszt peut tout jouer à la première lecture. Czerny lui donne maîtrise et discipline. Liszt a douze ans lorsque Czerny réalise qu’il n’a plus rien à lui apprendre. Salieri donne également quelques leçons au jeune prodige. Par l’intermédiaire de Czerny, Liszt aura l’occasion de se produire devant L. van Beethoven qui lui fera jouer plusieurs morceaux dont le clavecin bien tempéré de Johann Sebastian Bach.
Le prodige part ensuite pour une tournée triomphale en Allemagne. En 1823, il s’installe à Paris, où il donne des récitals suscitant l’enthousiasme. Pierre Érard lui offre un superbe piano. Certains n’hésitent pas à le comparer à Wolfgang Mozart. En 1824, il fait une tournée en Angleterre. L’un des plus grands pianistes, Ignaz Moscheles, convient que "car sa puissance et sa faculté à vaincre les difficultés, il surpasse tout ce que l’on n’a jamais entendu". Mais le père Liszt, affaibli par les voyages, contracte la typhoïde et meurt.
Après le décès de son père, Liszt abandonne les récitals et se replie sur lui-même. Après la révolution de juillet en 1830, il se met à fréquenter le milieu romantique et se lie avec trois personnalités de la musique : Frédéric Chopin, Hector Berlioz, Niccolò Paganini. Ce dernier le fascine et lui révéle sa voie : il sera virtuose. Par l’intermédiaire de Chopin, il rencontre Marie d’Agoult, qui devient son égérie. Femme de grande culture, elle contribue à sa formation intellectuelle. Il aura trois enfants d’elle, dont Cosima (qui épousera plus tard Richard Wagner). La liaison de Marie d’Agoult avec Liszt durera dix ans.
En 1835, le couple s’établit en Suisse (et je vous arrête tout de suite : il ne s’agissait pas d’évasion fiscale). Liszt compose. C’est l’époque des Années de pélerinage. Après la naissance de son troisième enfant, Liszt entame une tournée européenne qui le voit triompher partout. Il amasse une certaine fortune personnelle (bon, là, on peut commencer à douter) et il multiplie les conquêtes féminines, ce qui provoque en 1847 sa séparation avec Marie d’Agoult. La même année, Liszt rencontre en Russie la princesse de Sayn-Wittgenstein, très cultivée aussi. Elle se fixe à Weimar auprès de lui et oriente sa carrière vers la composition.
Liszt fonde alors, avec Wagner, l’école de Weimar. Cette école est opposée au classicisme de l’école de Dresde de Robert Schumann et de Johannes Brahms. Mais survient alors un scandale : Cosima Liszt, mariée à l’élève de Liszt, Hans von Bülow, quitte ce dernier pour Wagner. Liszt, par respect pour son gendre, rompt alors ses relations avec Richard et Cosima, pour cinq anq.
En 1865, le virtuose décide d’entrer dans les ordres. L’abbé Liszt se partage sa vie entre Rome, Weimar et Budapest. Il s’éteint à Bayreuth le 31 juillet 1886 à la suite d’une pneumonie et y est enterré, selon sa volonté, près de son ami Wagner, mort en 1883.
Parmi ses nombreuses compositions pour piano : les Années de pèlerinage (1834), la grande Sonate en si mineur (1853), les dix-neuf Rhapsodies hongroises (1860), les Caprices-valses et les Rêves d’amour. Il n’a pas composé que pour le piano car pour l’orchestre, il a écrit treize poèmes symphoniques, la Faust Symphonie (1854), la Dante Symphonie (1856). Pour la voix, il compose la Missa solemnis (1855) et la Missa choralis (1865), Christus (1866), et de nombreux lieder. Il faut citer également de nombreuses transcription sur des œuvres de J.S. Bach, de L. van Beethoven, d’Hector Berlioz...
Franz Liszt était un pianiste prodigieux. Czerny dira de lui que "la nature a créé un pianiste". Profondément marquée par le romantisme, l’œuvre de Liszt privilégie la virtuosité et une grande richesse d’invention. Il a radicalement transformé l’art de jouer du piano, donnant à cet instrument la puissance d’un orchestre. Il a marqué de son empreinte toute une génération de musiciens à la fois comme pianiste et comme compositeur. Il aidera de son influence de nombreux musiciens car l’homme est très généreux. Il apportera un soutien moral et matériel à Hector Berlioz, Brahms, César Franck, Modest Moussorgski, Bedrich Smetana, Camille Saint-Saëns, Franz Schubert, Wagner et bien d’autres...