Il aura fallu un décès pour nous motiver à conclure 2011 sur une mise à jour digne de ce nom, après quelques mois de latence : remercions donc Kim Jong-il pour son aura positive sur Symphozik. Et last but not least, nous avons achevé la nouvelle biographie de Gustav Mahler, qui n’a rien à envier en longueur à une symphonie du maître.
| * 1860 | • 1800 | • 1830 | • 1850 | • 1870 | • 1876 | • 1894 | • 1900 | † 1909 |
| Naissance 29/05/1860 | Mort 18/05/1909 | Nation Espagne | Époque musicale Romantique |
Isaac Albeniz est né le 29 mai 1860 à Camprodón (dans le nord-est de l’Espagne). Ses parents ne sont pas musiciens (son père est fonctionnaire), mais l’enfant tient du prodige : mis à deux ans au piano, il est capable deux ans après de donner des concerts remarqués à Barcelone, notamment au Théâtre Romea. Son père souhaite en faire une sorte de singe savant à exhiber dans toute l’Europe, à l’instar de Leopold et de Wolfgang Mozart. C’est en 1866 qu’Albeniz est emmené par sa mère au Conservatoire de Paris, dans le but de passer un examen d’entrée pour, par exemple, la classe de piano du renommé Antoine François Marmontel (ne pas confondre avec J.-F. Marmontel, écrivain), avec lequel il prendra quelques cours. La prestation éblouit le jury, mais le jeune talent, qui voulait sans doute briser la glace, s’arme d’un projectile et casse une vitre. Jugé dès lors un peu trop excité, Albeniz sera rapidement renvoyé.
Il est inscrit au Conservatoire de Madrid. Mais une vie disciplinée ne semblant pas lui être adaptée, il s’échappe et fugue jusqu’à Costa Rica...Rappelons qu’il n’a alors que douze ans et qu’il ne se sert que de son talent de pianiste (et de clown) pour subvenir à ses besoins. Lassé des tournées triomphantes dans toute l’Amérique du sud et aux états-Unis, Albeniz décide d’entreprendre des expéditions européennes. C’est ainsi que, de 1874 à 1890, il va d’Allemagne (où il prend des cours avec Carl Reinecke) en Belgique (cours de Gevaert), puis du plat pays en Hongrie (cours du célèbre pianiste Franz Liszt, voir ci-dessous), et de Hongrie en France (cours de Dukas et de d’Indy).
La première eut lieu à Weimar, en 1878, quand Albeniz, réalisant un rêve, croise le chemin de Liszt, avec qui il passera quelques mois importants pour lui. La seconde est celle qui le “confrontera“ à Felipe Pedrell, musicologue bien connu, avec qui il découvrira la musique nationale espagnole. C’est à partir de là qu’Albeniz, quittant les influences de Félix Mendelssohn-Bartholdy et de Robert Schumann, entre dans sa "période espagnole". Il rencontre enfin une certaine Rosina Jordana, son élève, et l’épouse le 23 juin 1883 à Barcelone. Ils ont trois enfants dont deux filles (une meurt en bas âge) et un garçon.
Après avoir composé La Vega et les Chants d’Espagne en 1897, œuvres majeures et marquant son “vrai“ début de compositeur, Albeniz les présente en Espagne. Hélas, l’accueil est mitigé. Déçu Albeniz s’exile à Paris en 1903, selon ses propres termes, ce qui indique bien le sentiment qu’il ressentait vis à vis de son pays. Son chef-d’œuvre Iberia traduit cet état d’esprit.
C’est le 18 mai 1909 qu’Albeniz (49 ans) décède, atteint d’une néphrite chronique (mal de Bright pour les étudiants en médecine). Albeniz est un pilier de la musique espagnole. Malgré ses œuvres vocales et symphoniques de qualité médiocre, il est comparable à Liszt ou à Frédéric Chopin dans la qualité de ses œuvres pour piano. Passons maintenant à la postérité de monsieur Albeniz pour signaler ce qui ressemble à une anecdocte : son arrière petite-fille n’est autre que Cécilia Attias, ex-Sarkozy (oui, c’est tout, Symphozik n’est pas un journal people :-D ).