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Comment écouter et apprécier le ″classique″ ? (résumé)

Avertissement : comment écouter la musique dite « classique » ? Nous ne proposons pas ici une vérité, mais quelques pistes qui aideront peut-être chacun à développer sa propre approche de cet art si exigeant mais si riche en émotions… cet art qui, comme disait Beethoven, « est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie. »

Les difficultés à surmonter

Dans le brouhaha ambiant, ″écouter″ exige non seulement de la concentration, mais aussi la mobilisation de nombreuses facultés : mémoire, sensibilité, capacités d’analyse et de synthèse… Il faut à une personne désireuse d’écouter de la musique beaucoup de détermination, de la curiosité et surtout… du temps : c’est la première condition à remplir, et sûrement la plus difficile dans ce monde pressé.

Car la musique est essentiellement un art du temps, mais quoi de plus insaisissable que le temps qui passe ? N’existant que dans l’instant de sa perception, la musique disparaît au fur et à mesure qu’elle est produite et notre mémoire doit constamment s’exercer pour en reconstituer l’unité. Pour faciliter ce travail de mémoire, la musique n’offre malheureusement que peu de repères stables (à moins de se répéter comme dans la forme ″couplet-refrain″) : par sa nature immatérielle, elle est la forme d’expression la plus abstraite et la plus difficile d’accès qui soit.

Une échelle d’écoute

De nos jours, où il est si facile de recourir à l’enregistrement sonore, l’écoute attentive d’une musique choisie ne va pourtant pas de soi. Essayons donc de poser quelques jalons en allant du simple au compliqué.

1. L’écoute flottante

C’est probablement le mode d’écoute le plus courant, celui que l’on pratique quand on est occupé à autre chose (lecture, travail, activité ménagère, conduite automobile…) : on met alors en route une playlist ou une station radio et on laisse couler le robinet à musique. Certes cette attitude n’est pas très active, mais elle plonge l’auditeur dans un bain musical où il peut avoir envie de temps en temps de faire une pause pour apprécier un passage qui le touche et, encore mieux, pour essayer d’en retrouver l’auteur et le titre.

2. L’écoute imagée

Ce mode d’écoute consiste à associer des images à ce que l’on entend : sous-bois, ciel étoilé, tempête, galopade, etc. Cette approche qui privilégie le vagabondage de l’imagination est encouragée par les titres évocateurs que les compositeurs donnent souvent à leurs compositions instrumentales. Parfois, c’est un véritable scénario qui accompagne les musiques à programme. Et dans la musique vocale, des images sont forcément liées au texte (poème, livret d’opéra, texte liturgique…) que le compositeur s’efforce de servir. L’écoute est donc guidée par ce texte, qu’il est essentiel de connaître (ou tout au moins ses grandes lignes) pour en apprécier pleinement l’illustration musicale.

3. L’écoute affective

Là, c’est l’émotion qui s’empare de tout l’être de l’auditeur. Bien sûr, la façon dont chacun est touché par tel ou tel morceau est très personnelle. Malgré le caractère éminemment subjectif des émotions musicales, la publicité s’y entend à merveille pour déclencher chez le plus grand nombre le désir d’un produit en combinant habilement le son et l’image. De même, le cinéma est riche d’émotions liées à des musiques choisies dans le répertoire classique.

4. L’écoute soutenue (analytique)

Quand, à l’écoute d’une musique précise, l’imagination a vagabondé et que l’émotion nous a submergé, ce n’est pas pour autant que l’intérêt de l’œuvre est épuisé car il reste à en découvrir toutes les richesses en restant attentif aux surprises que réservent ses différents moments : la succession des différentes mélodies, la richesse des timbres, les ruptures de tempo, les contrastes des nuances, le repérage des motifs rythmiques (rythme de danse ou ostinato), les ruptures tonales…

Tous ces effets ne nécessitent aucun savoir théorique spécialisé, mais une sensibilité exercée pour être réceptive aux différents paramètres cités, affinée par une approche progressive et une écoute répétée des œuvres reconnues comme des chefs-d’œuvre. Il n’est pas non plus inutile d’avoir quelques lumières sur les principales formes utilisées dans la musique savante : sonate, symphonie, concerto, etc.

On pourra enfin se renseigner sur les œuvres ainsi explorées pour préciser et compléter ce qu’on aura repéré à l’écoute. Pour cela la navigation sur internet offre une aide précieuse. Quelques exemples que vous trouverez sur Symphozik : Trios flûte, alto et harpe, Instruments au sein de l’orchestre, Beethoven (la cinquième symphonie) et Smetana (La Moldau).

5. L’écoute profonde

On arrive là au sommet de l’écoute musicale, point que l’on n’atteint qu’après un long apprentissage (c’est du moins mon expérience), et après avoir vécu les étapes précédentes. On peut alors oublier tout ce qui précède pour entrer directement dans le discours musical, en apprécier la progression mélodique, la succession des différents climats, les alliages de timbres, les contrastes rythmiques, la subtilité des nuances et du phrasé, etc. Quel plaisir alors de se sentir vibrer avec la musique, sensible à ses moindres inflexions, comme immergé et enveloppé dans l’espace sonore.

Par quoi commencer ?

Que conseiller pour entrer de plein pied dans l’univers de la musique ?

Pour une première approche, notre préférence ira à des œuvres courtes (moins de 5 minutes), évocatrices (qui semblent décrire ou raconter quelque chose), variées (qui illustrent toutes les époques et tous les styles), ainsi que plutôt tonales et consonantes (d’une écriture pas trop éloignée des ″tubes″ que nous avons l’habitude d’entendre).

Voici un TOP 10 mais attention : les liens vers les musiques hébergées sur Youtube sont susceptibles de ne plus fonctionner du jour au lendemain, n’hésitez pas à utiliser le moteur de recherche de Youtube pour trouver un équivalent.

- Vivaldi : les fameuses mais incontournables Quatre Saisons (inspirées de quatre sonnets : lire les poèmes et écouter).

- Jean-Sébastien Bach : le serein largo du Concerto pour clavier BWV 1056 interprété par David Fray (écouter).

- Pergolèse : le début du Stabat Mater chanté par Philippe Jaroussky et Julia Lezhneva (écouter)

- Mozart : l’émouvant second mouvement du Concerto pour piano K.488 par Zoltan Kocsis (écouter).

- Schubert : le lied Der Erlkönig (Le Roi des aulnes) merveilleusement mis en image et sous-titré en français : écouter

- Chopin : le tranquille puis dramatique prélude dit ″La goutte d’eau, n° 15 de l’op. 28 (écouter)

- Grieg : un moment endiablé de la pièce de théâtre Peer Gynt,Dans l’antre du roi de la montagne″ (écouter)

- Fauré : la tendre Pavane op. 50 (avec chœur) par l’orchestre de la Requena (écouter)

- Mettons un pied dans la musique du XXe siècle avec le mouvement symphonique ″Pacific 231 d’Arthur Honegger (écouter et voir le film original de Jean Mitry)

- Et terminons en fanfare avec l’entraînant chœur O Fortuna extrait des cantate)">Carmina Burana de Carl Orff (écouter avec sous-titres en anglais).

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