« Musique classique : les compositeurs sortent de l’ombre »

Facétieux Furtwängler

Antonin, le 21/03/2010

Le légendaire chef d’orchestre allemand Wilhelm Furtwängler avait un caractère bien trempé. Grand spécialiste du répertoire allemand, il grava des interprétations immortelles des œuvres de Ludwig van Beethoven, Johannes Brahms, Anton Bruckner, Robert Schumann ou encore Richard Wagner… Mais il se fit également défenseur des musiques de son époque, comme Paul Hindemith ou Pfitzner. Il occupa le prestigieux poste de directeur musical du Philharmonique de Berlin de 1922 à sa mort en 1954 (excepté une période d’interdiction après la deuxième guerre mondiale). Il dirigea également régulièrement l’Orchestre Philharmonique de Vienne. Furtwängler était parfois dur à vivre pour les équipes d’enregistrement. Lors d’une prise de la Quatrième symphonie de Schumann (Berlin, 1953), les ingénieurs du son avaient du mal à régler leur matériel pour l’acoustique de la cathédrale. Après plusieurs pauses pour les réglages, le chef d’orchestre s’écrie soudain : « Cela suffit ! Je ne tolérerais plus aucune interruption ! Je vais lever ma baguette et diriger la symphonie du début à la fin, sans répit. Si je suis interrompu une seule fois, j’abandonne définitivement l’idée de cet enregistrement. Vous avez intérêt à régler vos machines une fois pour toutes ! » Et il le fit : il dirigea toute la symphonie d’un bloc, en une trentaine de minutes l’enregistrement était terminé. Pas une erreur, pas une retouche. Mieux : l’enregistrement est devenu légendaire pour sa perfection, notamment le crescendo précédant le quatrième mouvement, reconnu comme un modèle inégalable du genre, et cité comme exemple dans les conservatoires !

Mais il n’en allait pas toujours de même : le « pire » enregistrement du chef est certainement celui de la 2e de Brahms en 1948 à Londres. C’est une lecture molle et plate, tout à l’opposée du style Furtwängler. Alors quoi, était-il grippé ? Non. En revanche, on raconte que le chef au fort caractère se serait disputé avec l’équipe technique au sujet du nombre de micros à utiliser. De là à penser qu’il ait ensuite boudé et volontairement « pourri » l’enregistrement, il n’y a qu’un pas… Pas très « fair play », « Furt » !

(source de la dernière info: http://patangel.free.fr/furt/disco.htm, une impressionnante et passionnante discographie du maître – je ne suis pas payé pour faire de la pub).

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Avec la défaite de 1871 contre les armées prussiennes, des compositeurs français, atteints dans leur amour-propre, créent la Société Nationale de Musique qui tentera de s’opposer à la musique allemande. Elle servira également à faire sortir des compositeurs français de l’ombre (une sorte de Symphozik avant l’heure, quoi) en les éditant.

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