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György Ligeti : biographie

« Un chercheur facétieux »

Introduction musicale : écouter Atmosphère

  • Nom Ligeti Prénom György Nation Hongrie
  • Naissance 28/05/1923, à Târnăveni (Roumanie) Mort 12/06/2006, à Vienne (Autriche) Époque musicale Contemporaine

Préambule

György Ligeti est un compositeur hongrois, né en Transylvanie (territoire revendiqué par la Roumanie) le 28 mai 1923 ; juif et persécuté, il passe à l’Ouest en 1956 et finit par obtenir la nationalité autrichienne en 1967 ; il meurt à Vienne le 12 juin 2006. Une vie plutôt agitée donc, dont son œuvre est le reflet.

Ligeti tenait des propos ironiques, voire amers, sur ses racines, ce qui explique, en partie, qu’il se soit considéré, toute sa vie, comme un juif errant parmi les courants artistiques de son temps. Laissons-lui la parole :

"Je suis né en Transylvanie et suis ressortissant roumain. Cependant, je ne parlais pas Roumain dans mon enfance et mes parents n’étaient pas transylvaniens. [...] Ma langue maternelle est le Hongrois mais je ne suis pas un véritable Hongrois car je suis juif. Mais n’étant pas membre d’une communauté juive, je suis un juif assimilé. Je ne suis cependant pas tout à fait assimilé non plus car je ne suis pas baptisé".

Biographie

Ses débuts sont difficiles : il doit se battre contre la volonté de son père qui le voyait physicien alors que c’était la musique qui l’attirait. Ayant obtenu gain de cause, en partie parce que les lois antisémites lui interdisaient (providentiellement ?) l’entrée à l’Université, il commence à étudier la musique à Cluj, en Roumanie. En janvier 1944, il est incorporé dans les compagnies de travail obligatoire de l’armée hongroise. Il s’enfuit et échappe ainsi à la déportation qui n’a malheureusement pas épargné sa famille. À la fin de la guerre il complète ses études musicales à l’Académie Franz Liszt de Budapest. Il fait alors un long périple en Roumanie pour y étudier le folklore (comme l’avait fait Béla Bartók) et collecter plusieurs centaines de chants populaires hongrois de Transylvanie.

Ligeti enseigne l’harmonie, le contrepoint et la composition à l’Académie Franz Liszt de Budapest de 1950 à 1956. Mais il est isolé des grands mouvements modernes occidentaux dont il peut entendre des témoignages à la radio. Après l’échec des émeutes contre l’URSS de 1956, il fuit la Hongrie et s’installe en Allemagne où il découvre un monde musical qu’il ignorait en grande partie. Il travaille notamment au studio de musique électronique de la radio de Cologne ; il étudie la technique sérielle mais n’en adoptera jamais les principes.

Il s’installe à Vienne en 1959. Plus tard, il enseignera la composition à Darmstadt, à Stockholm, à Berlin et enfin à Hambourg en 1973. En 1995 il est récompensé par le « Schock Prize for Musical Arts » ; en 2001, il est gratifié du « Kyoto Award » ; en 2004 il reçoit le « Polar Music Prize.

Œuvre

La trajectoire musicale de Ligeti est sinueuse, à l’image de l’histoire de sa vie. Au début, ses compositions s’inscrivent dans la continuité de Bartók. Exemple : Six Bagatelles pour quintette à vent (1953 : écouter la 4ème).

Son style évolue après la rencontre de Luciano BerioPierre Boulez et surtout de Karlheinz Stockhausen et Mauricio Kagel, avec lesquels il travaille. Il s’intéresse aux recherches de l’époque (atonalité, musique concrète, musique sérielle). Mais il s’en tient éloigné, préférant structurer ses compositions au moyen de procédures mathématiques (comme Xenakis mais en plus simple). En 1962, son Poème symphonique pour 100 métronomes (visionner la vidéo sur Youtube) est un pied de nez à l’intelligentsia avant-gardiste (dont il fait partie), inspiré notamment par les jeux de John Cage. L’œuvre fait scandale lors de sa première représentation, mais il en retient le principe de la polyrythmie, qu’il applique ensuite à de nombreuses œuvres.

Ce qui caractérise ses compositions désormais, c’est la déformation lente et progressive du tissu sonore (à la manière d’un nuage). L’atmosphère créée préfigure la musique minimaliste des années 1960, et plus encore le courant spectral des années 1970.  Exemple : Étude n° 2 pour orgue, « Coulée » (1969 : écouter). Dans Ramifications pour double orchestre à cordes, il brouille les lignes en accordant un des deux orchestres à un diapason légèrement différent de celui de l’autre (1969 : écouter un extrait).

Les œuvres de la dernière période (suivant en cela une tendance générale de la musique contemporaine) renouent plus ou moins avec la tradition : réapparition du système diatonique, voire de la tonalité et de la mélodie. Mais l’invention et la facétie du compositeur demeurent, sans jamais sacrifier à son souci de clarté et de séduction (écouter sa dernière étude pour piano, 1993, « L’Escalier du Diable »).

Ressources liées pour György Ligeti

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