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Hommage à Kim Jong-il

la Symphozik team, le 30/12/2011

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris cette semaine la mort du musicien nord-coréen Kim Jong-Il. Car derrière le chef d’orchestre et compositeur se trouvait un homme, une destinée humaine qui doit être respectée. Retraçons rapidement la vie et l’œuvre de ce grand artiste qui nous a quittés en pleine force de l’âge, à soixante-dix ans.

Biographie

Kim Jong-il est né dans la province de Ryanggang, sur le mont Paektul, le 16 février 1942. Ce jour là, un son mystérieux retentit du mont en question (« un do bémol tendant vers le si bécarre », comme le confiera des années plus tard le musicien, recordman du meilleur score jamais enregistré à nos tests d’oreille absolue). La ferveur musicienne de sa famille ne connaît aucun précédent dans l’Histoire : son père, Kim Il Sung, a fondé l’orchestre démocratique de Corée du nord ; quant à sa mère, Kim Jong Suk, elle n’est autre que la propre femme de Kim Il Sung, le fondateur de l’orchestre démocratique de Corée du nord.


À 5 ans, "Kimy", comme le surnomment ses amis, maîtrise déjà la cornemuse et l’hélicon

Qualifier son enfance de précoce relève de l’euphémisme. Formé au conservatoire de Pyonyang, il se perfectionne à Vienne et Paris, avant de faire un passage à la prestigieuse Julliard School de New-York. Il met ses incroyables talents au service d’associations telles que la Dodecaphonic Youth League (DYL), qui a tant contribué à révolutionner le système musical nord-coréen.

Le 22 juillet 1961, il rejoint le parti musicien coréen, avec la participation duquel il prend en charge personnellement la diffusion télévisée de tous les concerts du philharmonique à l’échelle nationale.

Quelques adversaires de mauvaise foi y voient alors un moyen de priver d’autres courants musicaux de représentation, au profit de ses propres œuvres.

À la mort de son père, le 8 juillet 1994, Kim Jong-il prend logiquement sa suite à la tête de l’orchestre démocratique national, qu’il dirigera jusqu’à sa mort, survenue le 17 décembre 2011. Preuve de la popularité du musicien défunt, la télévision coréenne diffusera des images poignantes d’une foule assistant en deuil aux obséquieuses funérailles.

Œuvre

Son œuvre foisonnante, sans conteste l’une des plus audacieuses et des plus complètes qui soient, est aujourd’hui appréciée dans le monde entier - notamment aux USA et au Japon. Il faut bien sûr parler de ses opéras, six œuvres grandioses qui relèguent Wolfgang Mozart aux oubliettes. Inspirés de thèmes mythologiques coréens, les livrets de ces opéras ont été écrits par Kim-Jong-Il lui même, avec un sens de la dramaturgie qui de l’avis des experts dépasse ce qu’a pu faire Richard Wagner, par exemple. À noter que son opéra le plus connu, Ô ma chorée (l’histoire tragique et bouleversante d’un étudiant atteint de la chorée de Huntington) sera représenté à Vienne l’an prochain.

Dans le registre symphonique, le composteur coréen fut l’auteur de 21 symphonies majeures, dont une Neuvième avec chœurs qui aurait sans doute rendu Ludwig van Beethoven malade de jalousie. Dépassant largement, dans sa maîtrise orchestrale, les grands symphonistes du XXe siècle (Gustav Mahler, Jean Julius Christian Sibelius, Dimitri Chostakovitch...) Kim Jong-Il créa un langage à lui propre qui a conquis les scènes du monde entier. Il est aussi l’auteur de nombreux poèmes symphoniques et autres pièces orchestrales diverses (près d’une centaine).

Ce compositeur prolifique fut également actif dans le domaine de la mélodie. Grand amateur de Lieder, il traduisit lui-même Le Voyage d’hiver de Franz Schubert en coréen. Ses propres grands cycles de mélodies (Ma belle statue notamment, et aussi Lac de montagne gelé) n’ont rien à envier aux modèles européens du genre.

Il faut encore parler de sa musique de chambre. Par exemple, le formidable septuor pour six contrebasses et un piccolo.

Tu nous manqueras, Kimy !

Galerie commémorative


Les chefs d’orchestre Vladimir Poutine et feu Kim Jong-il, avant un concert de bienfaisance au profit des victimes du capitalisme.

 


Feu Kim Il-Sung, père de feu Kim Jong-Il, ajoutant la touche finale à son quatorzième opéra

 

 

Pour approfondir, nous vous conseillons la biographie officielle, en anglais.

Ressources liées

Commentaires des internautes

Deckard, le 19/01/2012 à 23h17
Hahaha excellent !!!

azerty, le 13/07/2013 à 16h49
je ris jaune...

Anonyme, le 23/03/2014 à 11h03
Il faut mener les peuples à la baguette !
Et la carrière de danseur de claquettes de Staline ?

Anonyme, le 19/08/2014 à 13h47
Le septuor pour 6 contrebasses et un piccolo : Magnifique !!!

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