« Musique classique : les compositeurs sortent de l’ombre »

Jacques Arcadelt : biographie

« Un franco-flamand tardif »

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  • Nom Arcadelt Prénom Jacques Nation Belgique
  • Naissance 10/08/1507, à Namur (Belgique) Mort 14/10/1568, à Paris (France) Époque musicale Renaissance

Jacques (ou Jacob/Jakob) Arcadelt (parfois Archadelt ou Arcadet) est né vers 1504, probablement dans l’actuelle Belgique (à Liège ou Namur), mais on ne sait pratiquement rien de ses origines, de sa naissance ou de son enfance. On peut toutefois supposer que d’origines flamandes, il reçoit une éducation française, et qu’il est un temps l’élève de Josquin des Prés. Il se dirige vers le chant et la composition.

À partir de la fin des années 1520 ou dans les années 1530, il voyage de Lyon à Florence, et passe peut-être même par Rome. Il fréquente alors Philippe Verdelot, l’un des pères du madrigal italien, et Jean Conseil. Mais Florence est agitée par des troubles politiques, et les trois compères la quittent vers 1532.

Ses premières compositions connues (motets dans le style florentin) ont été publiées en Allemagne en 1531. Plusieurs madrigaux voient aussi le jour pendant cette période. Son premier livre de madrigaux, maintenant perdu, est publié en 1538 puis en 1539 (additionné de 3 volumes supplémentaires). Son œuvre apparaît également dans les anthologies de l’époque, étant donnée sa renommée d’alors.

En 1538, il est à Rome, où il obtient du Pape Paul III une place au chœur de la basilique Saint Pierre, comme beaucoup d’autres de ses "compatriotes" néerlandais de l’époque, avant d’intégrer en 1539 la Chapelle Sixtine en tant que magister puerorum, charge qui consiste à former les recrues du chœur d’enfants de la chapelle. Cette année sont publiés à Venise 4 livres de madrigaux, parmi lesquels "Il primo libro di madrigali" (le premier, quoi), qui deviendra le recueil de madrigaux le plus rediffusé de son époque, avec 45 éditions. Arcadelt fut très proche des milieux vénitiens, ce qu’on remarque également chez Adrian Willaert, qu’Arcadelt connaissait.

Durant cette période, il rencontre notamment Michel-Ange, auquel il présente des madrigaux composés sur deux sonnets de l’artiste en 1536. Mais ce dernier les reçoit avec une certaine indifférence, s’estimant incapable d’apprécier l’œuvre d’Arcadelt, n’étant lui-même pas du tout musicien. Toutefois, il récompense le compositeur en lui offrant une étoffe précieuse (oui bon ça n’a l’air de rien dit comme ça mais autres temps autres mœurs, hein).

En 1551, notre protagoniste quitte Rome pour la France, où il avait brièvement voyagé en 1547. C’est ensuite pour Charles de Lorraine, de la famille de Guise, qu’il travaille, toujours comme maître de chapelle. À partir de là, Arcadelt néglige les madrigaux au profit de chansons (126 en tout), plus prisées par son nouvel employeur, auquel il dédie de plus ses messes, publiées dans un recueil en 1557. Dans ce recueil, il est signalé comme membre de la chapelle royale, ce qui induit donc qu’il ait servi Henri II (mort en 1559) et Charles IX en fin de carrière.

Arcadelt meurt le 14 octobre 1568, probablement à Paris.

Œuvre

En tant que compositeur, il s’intéressa notamment aux madrigaux (sur des textes de poètes tels que Pétrarque, Giovanni Boccaccio, Jacopo Sannazzaro, Pietro Bembo, ou encore Michel-Ange) et a contribué à faire de ce type de morceaux une forme musicale à part entière. En plus de plusieurs volumes de madrigaux, Arcadelt est aussi l’auteurs de chansons, de messes (trois) ou encore de motets (plus de 20).

La réputation de Jacques Arcadelt repose essentiellement sur l’œuvre produite en début de carrière, à savoir plus de 200 madrigaux (tous écrits en Italie). Avec deux autres contemporains, Costanzo Festa et Philippe Verdelot, Arcadelt a défini le style d’une génération de compositeurs de madrigaux. Il favorisa la composition à quatre voix. Sa musique profane tient beaucoup de la simple déclamation et doit beaucoup aux mélodies de la frottola, un genre italien de chansons populaires. Son style clair et simple influencera Giovanni Pierluigi da Palestrina et Cyprien de Rore.

Signalons aussi qu’il est le premier à publier, en 1547, des "Airs strophiques", genre nouveau de chanson française, syllabique, homophonique et de structure strophique, qui sera plus tard repris avec davantage de succès par Pierre Certon.

François Rabelais l’inclut dans la liste de musiciens qu’il dresse dans l’introduction du quatrième livre de Gargantua et Pantagruel.

Ressources liées pour Jacques Arcadelt

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