« Musique classique : les compositeurs sortent de l’ombre »
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Karlheinz Stockhausen : biographie

« Iconoclaste et mystique »

Introduction musicale : écouter un extrait de Mantra

  • Nom Stockhausen Prénom Karlheinz Nation Allemagne
  • Naissance 22/08/1928, à Mödrath (Allemagne) Mort 05/09/2007, à Kürten (Allemagne) Époque musicale Moderne

Enfance et formation

Karlheinz Stockhausen naît le 22 août 1928 à Mödrath près de Cologne en Allemagne. Sa mère joue du piano et chante mais après trois grossesses, elle fait une dépression nerveuse et, en 1932, elle est internée dans un hôpital psychiatrique ; en 1941, elle est victime de la politique nazie d’euthanasie des handicapés mentaux. Son père, instituteur et musicien, meurt sur le front de l’Est en 1945. À 13 ans, le jeune Karlheinz est donc orphelin : ces dramatiques événements le marquent à tout jamais.

Il travaille dans un hôpital de guerre puis comme ouvrier agricole dans une ferme. Il apprend le piano grâce à l’organiste du village, le violon et le hautbois dans une école d’état. Il s’intéresse au jazz. Après une existence extrêmement difficile, où il apprend seul, il est admis en 1947 à l’université de Cologne ; il y suit des cours de philosophie, de philologie allemande et de musicologie. Parallèlement, il continue l’étude du piano au Conservatoire National de Musique de Cologne. Il termine brillamment un cursus de très haut niveau (1948-1951) en rédigeant un mémoire approfondi sur la Sonate pour deux pianos et percussion de Bartók.

Pour subsister, Stockhausen travaille notamment comme pianiste de bar, accompagnateur de l’illusionniste Adrion, ouvrier d’usine, directeur d’une troupe d’opérette. Il commence à étudier la composition avec le compositeur Frank Martin.

Le compositeur

En 1951, aux cours d’été de Darmstadt, il découvre le sérialisme et côtoie toute l’avant-garde : Messiaen, Varèse, Berio, Boulez, Henze, Ligeti, Xenakis... Comme Boulez, il fait successivement l’expérience de la musique concrète et électroacoustique (écouter le début de Gesang der Jünglinge, 1955), puis de l’utilisation du hasard (écouter le début de Klavierstück XI, 1956) et de la spacialisation du son (109 instrumentistes sont divisés en 3 orchestres disposés autour des spectateurs : écouter la fin de Gruppen, 1957).

Les années suivantes, il fait preuve d’une invention permanente autour de recherches sur le temps dans une dimension mystique. Sa pensée peut passer pour naïve et irréaliste (voire prétentieuse), mais elle est conduite avec rigueur et sincérité. D’autre part, il se souvient de ses expérimentations électroacoustiques au studio de Cologne car la plupart de ses œuvres incluent un appareillage électronique. Ainsi, Mantra (1970), dont un extrait est présenté en introduction, est écrit pour deux pianos, wood-blocks, cymbales antiques et des modulateurs en anneaux qui déforment la résonance des pianos.

Durant les dernières années, sa volonté démiurgique aboutit à des œuvres monumentales où s’exprime une spiritualité transcendantale. Dans des mises en scène spectaculaires, il introduit des lumières, des mimes, des danseurs... À partir de 1977, il se consacre principalement à la composition d’un cycle de 7 opéras destinés à être joués tous les jours d’une semaine. L’ensemble porte le titre de Licht (lumière) et dure environ 35 heures (en savoir plus sur Licht).

Karlheinz Stockhausen décède le 5 décembre 2007 à son domicile de Kürten (Allemagne).

Stockhausen et la musique pop

Il est fortement influencé par la musique populaire à ses débuts. Il soutient les mouvements jeunes durant les années 1960 et participe à l’évolution du rock progressif (écouter les Pink Floyd : expérimentations rythmiques, harmoniques, et instrumentales) : « cette musique m’éclate totalement. » dit-il. Il donnera également des cours à des groupes comme les Jefferson Airplane et les Grateful Dead. Parallèlement, ses recherches sur l’expérimentation électronique musicale avant même l’existence des synthétiseurs pourraient être l’une des principales influences de groupes tels Kraftwer (écouter un extrait de RuckZuck).

Plus tard, il prendra ses distances avec les musiques "à succès" qui rassemblent des foules de "fans". D’une part il constate leur manque d’inventivité et d’autre part il se méfie des effets de masse qu’elles génèrent : il compare le bruit d’une foule de personnes sautant sur elles-mêmes au bruit de soldats marchant au pas, triste souvenir des manifestations nazies de sa jeunesse.

Pour en savoir plus, voci quelques passionnants documentaires sur YouTube :
- Vie et œuvre de Stockhausen
- Répétition de Momente par Stockhausen
- Interview de Stockhausen (1964)

Ressources liées pour Karlheinz Stockhausen

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