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Terry Riley : biographie

« Un minimaliste répétitif mystique »


  • Nom Riley Prénom Terry Nation États-Unis
  • Naissance 24/06/1935, à Colfax (États-Unis) - 82 ans Époque musicale Contemporaine

Enfance et formation

Terry Riley, né le 24 juin 1935 à Colfax en Californie,  est un compositeur américain considéré comme un des fondateurs de la musique minimaliste et répétitive. Il s’ouvre à la musique à travers les standards de jazz, la musique traditionnelle américaine mais aussi la musique classique qu’il découvre, dès l’âge de six ans, en apprenant le violon puis le piano. C’est seulement à 18 ans qu’il entre en contact avec la musique moderne savante. De 1953 à 1958 il étudie le piano, la théorie et la composition.

En 1959, il entre à la University of California. Il poursuit ses études de composition et se lie d’amitié avec La Monte Young avec qui il va souvent collaborer. Grâce à Young, Riley s’intéresse à la musique de John Coltrane mais aussi à celle de Karlheinz Stockhausen. En 1959-1960, Riley et Young sont compositeurs en résidence auprès de la Anna Halprin Dance Compagny. Leur travail est alors inspiré par les idées de John Cage. Vers 1960, Riley fait ses premières manipulations de fragments sonores enregistrés et mis en boucles.

Voyages

Après avoir obtenu son « Master of Arts » (1961), Riley part pour la France. Pendant deux ans (1962-1964) il effectue de nombreux voyages. Il séjourne, entre autres, en Espagne, au Maroc, se rend à Leningrad où il joue avec le Leningrad Jazz Quartet, assiste aux cours de Darmstadt (1963), participe à des happenings au Danemark et à du théâtre de rue à Helsinki. À Paris, il fréquente le mouvement Fluxus. Il continue aussi ses expérimentations sur les boucles dans les studios de l’O.R.T.F. Riley gagne alors sa vie comme pianiste à Pigalle et dans les night-clubs des bases de l’US Air Force, dont la fermeture, suite à la mort du Président John F. Kennedy, l’obligera à rentrer aux États-Unis.

En novembre 1964 a lieu la première de In C (en ut), sa pièce répétitive minimaliste la plus célèbre. Il la décrit ainsi : « tous les interprètes jouent la même partition de 53 motifs à répéter (...). Chaque interprète a la liberté de choisir le nombre de répétitions avant qu’il ne passe au motif suivant. Aucune règle ne fixe le nombre de répétitions. » (écouter le début).

Vers 1967, il fait son premier "all-night concert" en solo qui contribue à sa notoriété. À cette époque, ses œuvres font davantage place à l’improvisation et abandonnent, pour une grande part, la notation musicale. En 1970, il étudie la musique hindoustani avec Pandit Pran Nath à New Delhi. Il retournera fréquemment étudier puis enseigner en Inde et jouera souvent en concert avec son maître jusqu’à la mort de ce dernier en 1996.

Musiques de nuit

Les fameux « All-Night Concerts » reflètent l’influence sur Terry Riley de la musique classique indienne (sa spiritualité, son caractère improvisé). De la nuit tombée jusqu’au petit matin, il joue, essentiellement en improvisant. Il utilise un vieil harmonium et un saxophone couplé à un enregistreur magnétique : quand il veut faire une pause après des heures de jeu, il fait jouer en boucle des fragments de saxophone enregistrés dans la soirée. Ces concerts sont suivis par un groupe d’auditeurs fidèles, fascinés par leur climat « hypnotique ».

Une œuvre "inspirée"

La plupart des œuvres de Terry Riley sont d’inspiration orientale. En 1972, il compose Persian Surgery Dervishes d’après les cérémonies soufies (écouter un extrait). De 1971 à 1981, il enseigne la musique indienne et la composition au Mills College d’Oakland. C’est là qu’il rencontre les membres du Kronos Quartet pour lequel il écrira de nombreux quatuors dont Salome Dances for Peace (voir l’introduction musicale) commande du Festival de Salzbourg. Il intègre aussi le quatuor dans ses spectacles : rechercher sur YouTube.

Riley partage désormais son temps entre l’enseignement, la composition, l’organisation de spectacles multimédias et des tournées de concerts où l’improvisation est reine. Sa tendance au mysticisme apparaît nettement dans son enseignement au Naropa Institute (Colorado) d’inspiration bouddhiste où se pratique une "éducation méditative" et où les enseignements sont envisagés dans une perspective multiculturelle. À la fin des années 1990, Riley se produit souvent seul au piano, mais collabore aussi avec de nombreux artistes issus du monde du jazz ou de la musique indienne. Installé sur les contreforts de la Sierra Nevada, Riley consacre son temps à jouer des ragas, à improviser et à composer. Il effectue régulièrement des tournées en Amérique, en Europe et en Inde.

Postlude

Riley s’est rapidement écarté d’une conception traditionnelle de la composition. Pour lui, "composer", s’asseoir et écrire de la musique, n’a guère d’intérêt. C’est pourquoi, préférant noter sa musique sur de petits bouts de papier, il passe davantage de temps à jouer qu’à écrire et ses partitions se résument, en général, à quelques pages sur lesquelles apparaît une série de courts motifs. Cela explique la taille modeste de son catalogue d’œuvres.

La philosophie du minimalisme a également influencé les groupes rock, notamment The Who (album Baba O’Riley : écouter un extrait).

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