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Paganini - biographie

jifi, le 21/07/2022 à 10:44

Violoniste - guitariste- compositeur italien
1782 Gênes - 1840 Nice
Apprend la mandoline avec son père à 5 ans et, suite d’un songe de sa mère l’ayant vu jouant du violon et dirigeant un orchestre, étudie le violon deux ans plus tard, dressé par son père autoritaire qui le contraint de jouer du matin au soir,
le prive de nourriture lorsqu’il ne s’applique pas suffisamment.
1ère sonate à 8 ans, 1er concert six mois après, donne à 12 ans des concerts dans les églises et cercles privés.
Conserve un certain mystère sur ses techniques de jeu. Gère sa carrière avec un sens certain de la publicité.
Compose Carmagnola, 14 variations pour violon et guitare sur la Caramagnole.
1801–1804 étudie la guitare.
1801 lors du concert de 28 mn à la cathédrale de Lucques, il imite chant des oiseaux, flûtes, trompettes, cors,
fait rire tout le monde, suscite l’admiration par son adresse et son aisance du public hilare et conquis.
1805 postule à l’orchestre lucquois. Nommé premier violon de l’orchestre républicain, il acquiert la stabilité matérielle. Talents pédagogiques, enseigne tous les instruments à archet. Excelle dans la direction d’orchestre.
Lorsqu’Élisa, sœur de Napoléon, arrive dans la principauté, il est rétrogradé premier violon des seconds violons, mais assume
la direction de l’opéra, est virtuose de la Chambre, participe aux cérémonies officielles en uniforme.
1805 ou avant 1818, il compose les 24 Caprices pour violon seul, développant le jeu de l’instrument par le mélange
des techniques pizzicato arco, pizzicato de la main gauche, doubles harmoniques.
Il compose une improvisation sur les seules cordes mi sol : “Un soir, après avoir ôté deux cordes à mon violon, j’improvisais
une sonate intitulée Scena amorosa, supposant que la 1re corde était l’homme (Adonis) et la chanterelle, la femme (Vénus).
Telle est l’origine de l’habitude que je pris de jouer sur une corde ; car après les éloges qu’on me donna sur cette sonate,
on me demanda si je pouvais jouer sur une seule corde ; ma réponse fut certo !“
Élisa lui commande une autre composition, pour la fête de Napoléon. Première œuvre avec orchestre, datée de 1805 - 1809, “Napoléon“ ou “Sonata Napoleone”, est un thème suivi de trois variations, corde de sol haussée d’une tierce mineure
pour des sons harmoniques plus nets, une sonorité plus brillante. “Ce fut le début et l’origine même de ma prédilection
pour la corde de sol… Je progressai de jour en jour jusqu’à ce que finalement, je maîtrise complètement ce style d’exercice“.
Relation amoureuse avec Élisa, connue comme “la Sémiramis de Lucques... par ses talents... la légèreté de ses mœurs”.
1810, Paganini décide de devenir indépendant. Tournée en Italie, gros succès, triomphe à la Scala de Milan, compose Le streghe
où il utilise pour la première fois les doubles harmoniques, coupe ostensiblement les cordes pour ne jouer que la sol.
“Le feu jaillit, semble-t-il, de son Guarnerius, tandis qu’il joue Moïse ou la Danse des sorcières”.
“Son jeu est... incroyable. Il fait des traits... sauts... doubles cordes que l’on n’a jamais entendus d’aucun autre violoniste...
joue les passages les plus difficiles à deux, trois et quatre voix en utilisant ses propres doigtés, qui sont uniques...
imite bon nombre d’instruments à vents... expose la gamme chromatique dans le registre le plus aigu, tout près du chevalet,
avec une pureté presque inimaginable. Il étonne ses auditeurs avec les passages les plus difficiles joués sur une corde et,
comme pour plaisanter, pince un accompagnement de basse sur l’autre“.
1814 il retourne à Gênes pour un cycle de concerts, tombe amoureux d’une jeune fille, Angiolina Cavanna,
l’emmène à Parme. Accusé d’enlèvement par le père il passe quelques jours en prison.
1816 il achève son 1er concerto pour violon, écrit en mi-bémol, violon accordé un demi-ton au-dessus
Milan, Venise, Trieste, Piacenza, Bologne.
Rossini aurait pleuré trois fois dans sa vie : lors de la chute de son premier opéra, au cours d’une promenade en bateau
lorsqu’une dinde truffée tomba malencontreusement à l’eau, et enfin, lorsqu’il entendit pour la première fois Paganini.
Il compose trois cycles de variations sur Tancredi, Mosè in Egitto (Mose-Fantasia) et La Cenerentola.
se rend à Florence, Rome, Naples, Palerme
Spohr le qualifie de sorcier : “On raconte sur lui des choses qui n’ont rien de musical, on lui décerne des louanges hyperboliques, on dit de lui que c’est un véritable sorcier, et qu’il tire de son violon des sons jamais entendus avant lui. Les connaisseurs
pensent au contraire qu’on ne peut lui dénier une grande agilité de la main gauche dans les doubles cordes et les passages
de toute sorte, mais que ce qui intéresse le gros du public vulgaire, l’abaisse au rang de charlatan et ne parvient pas
à le dédommager de ses défauts : un son fort, un grand coup d’archet, et un phrasé du chant qui manque de goût“.
1818, il se marie avec Marina Banti
Ingres réalise son portrait, le prince Metterchich l’invite à jouer en Autriche.
1820 édition des Caprices op. 1, jugés injouables, sonates pour violon et guitare op. 2 et 3 composées
pour son premier amour, Eleanora Quilici, quatuors avec guitare op. 4 et 5.
1821 Rome, Rossini lui demande de donner la première de son opéra Matilde di Shabran, en remplacement au pied levé
du chef tombé malade, vif succès.
Il revient à Gênes, un examen médical révèle une syphilis et plusieurs affections pulmonaires.
Il rencontre la jeune chanteuse Antonia Bianchi qui l’accompagne dans ses déplacements lorsqu’il retrouve la santé,
concerts à La Scala, Venise et Trieste.
1825 nouveau cycle de tournées, Rome, Naples, Palerme, où sa réputation a considérablement augmenté.
1826 Naples, 2e Concerto pour violon, op. 7, succès immédiat. Dernier mouvement avec un triangle “La campanella”.
“Quel homme ! Quel violon ! Quel artiste ! Quelle souffrance, quelle angoisse, quels tourments ces quatre cordes
peuvent exprimer !“ Liszt.
3e Concerto. “Dans l’adagio de Paganini, j’entendis le chant des Anges” Schubert.
1827 il est fait chevalier de l’Éperon d’or par le pape Léon XII, nommé membre honoraire de l’Académie de Sainte Cécile.
Antonia Bianchi donne naissance à Achille Ciro Alessandro, leur seul enfant.
1828 triomphe à Vienne. Début de sa plus grande renommée, jusqu’en 1834. Antonia chante à ses côtés.
Admis parmi les virtuoses de la chambre de l’Empereur.
Sa liaison avec Antonia Bianchi prend fin. Paganini lui paie une grosse somme mais garde l’enfant.
Il quitte Vienne, donne six concerts à Prague. L’assistance l’ovationne, mais les critiques considèrent son jeu
comme un simple affichage de virtuosité, et le rondo du 2e concerto une technique qui n’a rien à voir avec la musique.
“Je fus une fois à ses concerts, et jamais plus il ne m’y reverra ; il a une grande agilité dans la main gauche, qu’on peut acquérir par l’exercice, sans talent, ni génie, ni esprit, ni intelligence – ce n’est qu’une habileté purement mécanique. Les choses
qu’il répète surtout sans cesse sont un inexprimable amalgame sur le chevalet qui ne forme nullement des sons réguliers,
mais un gazouillement de moineaux, puis à la fin de chaque variation un pizzicato rapide de six notes avec la main gauche.
Il conduit son archet aussi pauvrement qu’on peut l’imaginer“.
“Il est aussi maigre qu’on peut l’être, avec cela, un teint blême, un nez d’aigle pointant en avant, de longs doigts osseux.
À peine paraît-il pouvoir supporter ses habits, et quand il fait la révérence, son corps se meut d’une façon si singulière
que l’on craint à tout moment de voir ses pied se séparer du corps et l’homme entier s’écrouler en un tas d’ossements“.
1829 tournée de deux ans en Allemagne, une centaine de concerts dans quarante villes. Rencontre Mendelssohn.
Varsovie, une dizaine de concerts. “Le jeu de Paganini ne peut s’expliquer par les seules forces humaines :
son art n’est pas une simple merveille, mais un prodige hors nature“ Chopin.
En raison de sa santé, il refuse de poursuivre son voyage jusqu’en Russie.
4e Concerto pour violon, variations sur Il Carnevale di Venezia et God Save the King, hymne national Prussien.
1830 rencontre Robert Schumann, Meyerbeer. Maître de chapelle du Roi de Prusse.
1831 triomphe à Paris, dix concerts. Rencontre Rossini. Tournée en Grande-Bretagne, Irlande.
Critiques unanimes pour louer ses style et technique extraordinaires.
“Ce fut un enthousiasme divin, diabolique, je n’ai jamais vu ou entendu quelque chose de semblable de toute ma vie.
Tous les gens sont devenus fous“.
“je crois que... ces choses ne sont bonnes qu’entre ses mains ; car médiocrement exécutées, elles seraient insupportables.
L’art de Paganini est un art à part qui est né et mourra avec lui“.
“Vendez tout ce que vous possédez, bradez tout, mais allez l’entendre. C’est le plus impressionnant, le plus surprenant,
le plus merveilleux, le plus miraculeux…, le plus inattendu des phénomènes jamais survenus“.
“Cinq pieds, cinq pouces, taille de dragon, visage long et pâle, fortement caractérisé, bien avantagé au nez, œil d’aigle,
cheveux noirs, longs et bouclés. Les prunelles, étincelantes de verve et de génie, voyagent dans l’orbite de ses yeux“.
Londres, cinquante neuf concerts, “il est non seulement le meilleur interprète qui ait jamais existé sur cet instrument,
mais il forme une classe par lui-même“ The Times.
Des centaines de concerts, il gagne plusieurs fois son poids en or, 300 k en une année.
“Grand émoi ! Sensation ! Absence de faim et de soif ! Il y avait de quoi. Je m’en souviens encore. Je le vois.
Les applaudissements qui l’accueillirent n’avaient pas de fin. Pour quelque temps, il avait l’air de s’en amuser et,
quand il en avait assez, d’un coup d’œil d’aigle, diabolique, il regardait le public et lançait un trait, une fusée éblouissante,
partant de la note la plus grave du violon jusqu’à la plus élevée, avec une rapidité, une puissance de son, une clarté,
un étincellement de diamant si extraordinaire, si vertigineux que déjà chacun se sentait subjugué, fanatisé…“ Henri Vieuxtemps.
Il tombe amoureux de Charlotte Watson, fille de son pianiste accompagnateur. Le couple décide de se marier à Paris,
mais Charlotte trouve son père au rendez-vous. Scandale dans la presse. Paganini n’est plus que l’ombre de lui-même.
1833 son Guarneri Del Gesù “Cannone” étant tombé, il fait réparer la table d’harmonie par le luthier
Jean-Baptiste Vuillaume de Paris, qui en réalise une copie et la lui offre en témoignage de son admiration.
1834 “Enfin pour comble de bonheur, un homme, quand le public fut sorti, un homme à la longue chevelure, à l’œil perçant,
à la figure étrange et ravagée, un possédé du génie, un colosse parmi les géants, que je n’avais jamais vu,
et dont le premier aspect me troubla profondément, m’attendit seul dans la salle, m’arrêta au passage pour me serrer la main, m’accabla d’éloges brûlants qui m’incendièrent le cœur et la tête ; c’était Paganini !!“.
Le violoniste-altiste, enthousiasmé par la Symphonie Fantastique, lui commande un concerto pour alto, mais il rejette l’œuvre comme inadaptée.
1835 retour en Italie, concerts à Gênes, médaille d’or de la ville. Piacenza et Parme.
“C’était Paganini dans son noir costume de gala : habit noir et gilet noir de coupe effroyable, comme l’étiquette infernale
le prescrit peut-être à la cour de Proserpine... Il portait une redingote gris foncé qui lui tombait jusqu’aux talons,
ce qui faisait paraître sa taille très haute. Sa longue chevelure sombre descendait sur ses épaules en mèches tordues,
et y formait une sorte de cadre noir autour de sa figure pâle et cadavéreuse où le chagrin, le génie et l’enfer
avaient imprimé leurs ineffaçables stigmates“.
1835 épidémie de choléra à Parme, le bruit court “Paganini est mort”.
Concerts, nommé surintendant à la Cour.
Tournée Nice et Marseille.
1837 Paris, ouverture d’une salle de concert “Casino Paganini”, faillite pour raison de santé.
1838 les traitements n’ont aucun d’effet. Ne peut plus se produire en public. Vend ses instruments
Il donne un chèque de 20 000 francs à Berlioz “Beethoven mort ; il n’y avait que Berlioz qui pût le faire revivre”.
1840 cède le “Vuillaume” à son fidèle élève Camillo Sivori pour 500 francs, qu’il fait envoyer à Vuillaume
en signe de reconnaissance et d’amitié.
1840 court séjour à Gênes, Nice. Sa carrière de concertiste et compositeur est terminée.
Il investit des sommes importantes dans l’acquisition d’instruments à cordes précieux et se fait marchand jusqu’à l’épuisement. Il perd la voix, meurt le 27 mai.
Malgré un testament réclamant cent messes aux Capucins et recommandant son âme “à l’infinie bonté de Notre Créateur”,
il est accusé d’impiété par l’évêque de Nice, interdiction d’enterrement religieux, d’inhumation en terre consacrée.
“Ah, ah, Moussu Paganini, a hura, es plus l’oura de sonna lo zonzon” (à présent ce n’est plus le moment de jouer du crin-crin).
Embaumé, déposé à Nice dans une cuve à huile, transféré en 1844 dans la maison paternelle près de Gênes,
en 1853 près de Parme, en 1876, le pape Pie IX l’ayant réhabilité, transféré solennellement au cimetière de Parme.
1851 la commune de Gênes acquiert le Guarneri del Gesù “Cannone“ 1743, plénitude et force, “il mio violino Cannone”,
et le Vuillaume, conservés Palazzo Tursi.
1893 la communauté musicale doutant de l’authenticité du corps, le cercueil est ouvert.

Technique exceptionnelle, magnétisme. “Le plus grand violoniste de tous les temps”.
Même si les techniques ne sont pas de son fait (sauts, bariolages, trémolo, pizzicato de la main gauche, glissando,
alternances rapides pizz et saltato...), il a inventé de nouvelles façons de jouer, en rassemblant, actualisant,
magnifiant les effets (trilles, double-cordes, démanché).
En plus de cette technique, il avait des mains, pas plus grandes que la normale, d’une extensibilité hors normes :
“... il imprimait aux dernières phalanges de la main gauche qui touchait les cordes, un mouvement de flexion extraordinaire,
qui les portait, sans que sa main ne se dérange, dans le sens latéral à leur flexion naturelle, et cela avec facilité, précision
et vitesse“. Hyperlaxité ligamentaire, oui, mais pas exclusive au syndrome de Marfan.
Son ouïe était remarquablement développée :
“La délicatesse de l’ouïe de Paganini surpasse tout ce qu’on pourrait imaginer... Au milieu de l’activité la plus bruyante
des instruments de percussion de l’orchestre, il lui suffisait d’un léger toucher du doigt pour accorder son violon ;
il jugeait également, dans les mêmes circonstances, de la discordance d’un instrument des moins bruyants et cela,
à une distance incroyable“.
Particularités du “violon du Diable” :
- cordes de violoncelle
- chevalet “plat” pour jouer les 4 cordes simultanément
- réglage de l’instrument décalant certaines notes d’un demi-ton
- archet long
- façon d’incliner le corps selon la vitalité et l’énergie des œuvres
- combinaison des notes à l’archet et des pizzicati de la main gauche
- maîtrise des harmoniques
- compositions pour corde de sol seule
- tour de force :
“Je ne peux pas mieux décrire ce dont il s’agit. Chaque personne l’entendant pour la première fois est à la fois excitée
et étonnée… Paganini peut toucher les plus profonds gouffres de l’âme... Ce qui est sans précédent. L’effet est au-delà
de toute description“.
Il a écrit plus de cent pièces pour violon et guitare ou guitare seule, présenté des concerts où il joue alternativement
des deux instruments.

Il avait aussi deux Amati : Antonio 1600 - Niccolo 1657, quatre Stradivari : Paganini-Desaint 1680 - Le Brun 1712
Hubay 1626 - Comte Cozio di Salabue 1727, et un Guarneri-filius Andrea 1706

- Concertos pour violon - Salvatore Accardo
- 24 Caprices - Ruggiero Ricci
- La Campanella - Leonid Kogan
- Le Streghe Op. 8 - Leonidas Kavakos
- Moses Fantasy - Antal Zalai
- Nel cor più non mi sento - Giulio Plotino plays 1742 Guarneri del Gesù “Il Cannone” !
- Sonata Napoleone - Salvatore Accardo
- Œuvres pour violon et guitare - Gil Shaham & Goran Sollscher
- Violin & Guitar Sonatas

Anonyme, le 28/07/2022 à 13:10

Mise à jour
fabretti.eklablog.com/niccolo-paganini-a212847811

Anonyme, le 29/07/2022 à 17:11

la main du diable

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