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Bac option musique

blopblop, le 21/12/2014

Vous êtes en terminale et avez choisi de passer l’option musique au Bac pour accroître vos talents musicaux et votre culture générale (et surtout pas, ou alors très peu, gagner jusqu’à 20 points sur la somme de toutes vos notes du bac 0:) ) mais vous ne savez absolument pas comment se déroule cette épreuve et vous vous retrouvez aussi angoissé que lors de votre premier jour de cours, parce qu’il faut parler et puis jouer, ou alors le contraire, et puis ya un jury et…ON SE CALME ! Symphozik est là pour vous aider. Vous trouverez ici un déroulement type de l’épreuve de musique, suivi d’un exemple. Consultez également le programme de cette année.

I. Ce qu’il faut prévoir

Il vous faudra bien sûr un minimum de connaissances sur le programme de l’année, ne serait-ce que son contenu, et bien entendu savoir trouver les enjeux de chaque pièce (donc leur lien avec les thèmes qui sont notés sur une feuille que votre lycée a pris soin de vous transmettre lors de votre inscription à l’option) et avoir un minimum de connaissances pour pouvoir parler une vingtaine de minutes (voir Conseils). Il faut en plus préparer une interprétation instrumentale ou vocale de maximum 10 minutes. Matériellement, il vous faudra :

II. Étapes dans le déroulement de l’épreuve

Vous voici enfin devant le jury constitué de deux personnes, après un certain temps d’attente (parfois plus de deux heures). Vous présentez comme pour tout examen votre papier d’identité et vos convocations, puis, si vous commencez par l’écoute comparée – ce qui est souvent exigé – vous tirez au sort un papier parmi trois, qui déterminera l’œuvre au programme sur laquelle vous allez être interrogé (il se peut aussi que le jury décide lui-même). Cette œuvre sera écoutée une fois, et suivie de trois écoutes d’une œuvre en théorie inconnue. C’est l’écoute comparée.

Ensuite les examinateurs vous poseront des questions pour aller fouiller un peu plus dans vos connaissances (pas de panique, ca reste relativement simple et ils ne vous en tiendront pas rigueur si vous répondez mal à une ou deux questions, c’est le bac). Vient alors le moment pour vous d’exhiber votre talent d’interprète. Et enfin le jury peut vous poser quelques questions au sujet de la partie « travaux artistiques » de votre fiche avec les problématiques. L’épreuve est alors terminée, et vous l’aurez réussie haut la main grâce aux conseils qui suivent !

III. Ecoute comparée (12-13 points)

On attend de vous deux choses. D’une part que vous ayez quelques connaissances sur l’œuvre en question, aussi bien analytiques qu’historiques, ainsi qu’une capacité à reconnaitre l’œuvre (oui parce que sinon c’est vraiment dommage pour pouvoir en parler :p), et d’autre part que vous sachiez analyser de manière assez générale et vaste les éléments de l’œuvre inconnue. Il faudra ensuite comparer les deux œuvres en relevant leurs similarités et leurs différences.

On vous attend au tournant sur la question « dans quelle mesure ces œuvres sont-elles comparables ? », donc il faut y réfléchir et y répondre, quitte à commencer la comparaison en explicitant l’intérêt de la comparaison des deux œuvres, mettre en lien avec les problématiques du programme et expliquer pourquoi votre étude rentre dans la thématique grâce à votre culture générale. Il faudra aussi utiliser un vocabulaire spécifique à l’œuvre étudiée (un standard de jazz et non un thème de jazz, par exemple, ou un continuo en musique baroque (et pas seulement)), c’est ce qui fait gagner des points. En tout, il faut montrer que vous connaissez votre truc, sans être des spécialistes mais au moins des amateurs intéressés. Un plan clair est recommandé, mais si tout a été fait, même sans plan précis, si les idées ne sont pas trop brouillon, vous avez quand-même la possibilité d’atteindre la note maximale !

IV. Interprétation (7-8 points)

On n’attend pas que vous soyez des musiciens professionnels, encore une fois, mais que vous sachiez vous défendre en tant qu’interprète. Vous devez présenter succinctement l’œuvre choisie, éventuellement la mettre en lien avec l’une des thématiques du programme (encore lui…jamais il ne nous laissera tranquilles). L’œuvre ne doit pas forcément être sue par cœur, mais il faut qu’elle s’enchaîne sans difficulté majeure et sans gros défaut technique, quelque chose que vous pourriez jouer dans un concert d’amateurs. Il n’y a pas de niveau requis, donc même sans jouer la Révolutionnaire de Frédéric Chopin vous pouvez prétendre à une bonne note. L’important est encore une fois de défendre son jeu.

V. Modèle de réalisation

Voir la vidéo

(Œuvre tirée au sort : « Tutu », in Tutu, Miles Davis, comparée avec la vidéo ci-dessus jusqu’à 2:10)

L’œuvre au programme entendue est Tutu, de l’album Tutu de Miles Davis, composé par Marcus Miller en 1986. La carrière de Miles Davis est marquée de différents styles. Il a commencé par une période Be-bop, puis Cool, puis Hard-bop, et une période électrique pour finir sa carrière en mélangeant aussi bien jazz au pluriel que pop et rock. Tutu est donc un album aux styles très mêlés, et ce métissage se retrouve justement dans le titre Tutu. On y retrouve non seulement des éléments caractéristiques du jazz, mais aussi du rock, du funk. On entend la trompette, le trombone, instruments utilisés dans le jazz, ainsi que le synthétiseur, la boite à rythmes, plus électrique et moderne, et la guitare basse, caractéristique du rock.

N’étant que deux pour gérer tous ces instruments, Marcus Miller et Miles Davis utilisent une technique spéciale qui s’appelle le re-recording. Cette technique consiste à préenregistrer certaines parties, puis à jouer par-dessus. C’est une technique qui se répand à l’époque, grâce aux nouvelles pratiques en studios.

L’influence du blues est très marquée, on retrouve en effet les blue notes, qui sont des notes altérées, et un rythme syncopé, et à côté de ça on a un riff de guitare basse [chantonne le riff], qui est un ostinato rythmique et mélodique. L’œuvre à comparer a repris le thème de Tutu (c’est ce qu’on appelle un standard de jazz), mais a changé d’une part les instruments, et d’autre part les sections entre deux reprises du thème. En ce qui concerne les instruments, la trompette est remplacée par la voix, qui chante mais qui fait aussi des onomatopées, ce qui lui donne un rôle mélodique aussi bien que rythmique. Quant aux sections entre les thèmes, ce sont des solos improvisés dans le titre de Miles Davis, souvent en « call and response », c’est-à -dire que la trompette commence et le trombone lui répond, ou inversement. Dans l’œuvre à comparer, il semblerait que ce ne soit pas improvisé car la voix est doublée par la guitare (si c’était improvisé, ça ferait quand même beaucoup de coïncidences). Les seules parties qui sont peut-être improvisées sont les fins de phrases, plus libres, ainsi que les bruits que fait la voix. Il est ici intéressant de remarquer que quelque soit l’époque les thèmes sont repris et modifiés, comme c’est déjà le cas dans La Follia d’Arcangelo Corelli. La réécriture est donc une pratique musicale aussi bien ancienne que courante.

Il faut savoir que Tutu a été composé en hommage à l’archevêque Desmond Tutu, qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud et qui a fondé la Commission de Vérité et de Réconciliation. S’il est assez difficile de trouver le lien entre cette partie de l’Histoire et la musique composée par Marcus Miller, ce lien semble évident dans l’écoute à comparer. On entend dans les paroles « long come Tutu», « before the light we were praying ». La musique est souvent ancrée dans un contexte historique, mais le contexte est plus évident et ressort plus avec des paroles que sans paroles. La musique peut parfois être dotée de figuralismes, c’est-à -dire des éléments qui rappellent quelque chose sans mettre de mot dessus. C’est ce que beaucoup de compositeurs font, par exemple Thierry Machuel parmi les compositeurs des œuvres au programme, qui, par des courbes mélodiques, rappelle les oiseaux dans Amal Waqti.

VI. Quelques conseils en plus

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À l’origine, la note do se nommait ut, appellation qui subsiste encore dans certains cas (clé d’ut, par exemple). Ainsi, par exemple, la phrase : "j’ai mal au dos, il est dommage que dorénavant il n’y ait plus de médecins à domicile et je vais faire un petit dodo" se prononçait : "j’ai mal au ut, il est ut-mage que ut-rénavant il n’y ait plus de médecin à ut-micile et je vais faire un petit utut" (© François Pérusse).

Encore un peu ? Le saviez-vous