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Gamme diatonique

« Gamme diatonique »

Bonjour,

Je suis mélomane sans être musicien et je n’ai jamais eu de cours de solfège (ce que j’en connais, je l’ai lu dans des livres). Une question m’a toujours turlupiné : pourquoi donc n’y a-t-il qu’un demi-ton entre mi et fa, ainsi qu’entre si et do ? Je suppose que ce n’était pas pour faciliter le repérage des notes par le claveciniste ! (D’ailleurs le clavecin ne devait pas exister à l’époque...) En faisant quelques recherches, je découvre que la gamme diatonique serait à la base de toute la musique occidentale. Certes, mais pourquoi avoir choisi cette structure : “L’échelle diatonique prend la forme d’une succession de demi-tons diatoniques isolés par des groupes alternés de deux et trois tons.“ (Wikipedia - Échelle diatonique) Serait-ce purement arbitraire ? Après, en fonction de la position des tons et demi-tons, on obtient les différents modes. D’accord, mais pourquoi toujours cinq tons et deux demi-tons ? Qui a décidé cela ? Était-ce purement arbitraire ? Y a-t-il une raison historique ? Si oui, laquelle ?

Il me semble que si l’on avait nommé do-ré-mi-fa-sol-la-si des notes toutes séparées d’un ton ou d’un demi-ton, faire de la musique aurait été tout autant possible !

Autre question liée, pourquoi une gamme comporte-t-elle sept notes ? Personnellement, j’aurais préféré cinq, j’ai plus d’affinité avec ce chiffre. Mais trêve de plaisanterie : la majeure partie de la musique occidentale aurait-elle éclos d’une graine arbitraire, plantée là par hasard ?

Je n’ignore pas que des compositeurs ont expérimenté d’autres gammes avec des successions différentes de tons et demi-tons, mais ma question se porte bien sur cette fameuse gamme diatonique et le fait d’avoir nommé des notes à des intervalles irréguliers.

Merci d’avance pour vos éléments de réponse.

Cordialement


Salyanov

le 17/11/2013 à 11:12

Bon, déjà, pour le nom des notes, il vient de Guido d’Arezzo, théoricien du XIème siècle. La page Wikipédia étant très pauvre à ce sujet, je ne pourrais que conseiller à notre très cher webmaster de créer une page sur ce personnage... ;) Toujours est-il que le nom des notes (à l’époque, ut ré mi fa sol la) vient des premières syllabes des vers de l’Hymne de Saint Jean-Baptiste :

Ut queant laxis
resonare fibris
Mira gestorum
famuli tuorum
Solve polluti
labii reatum
Sancte Iohannes

Le si n’existait pas à l’époque (il n’y avait donc que 6 noms de notes), mais la hauteur des notes n’était pas absolue, ainsi, un ut pouvait “sonner“ comme un do d’aujourd’hui, ou comme un la, ou comme d’autre notes, en fonction de l’hexacorde utilisé (et là, ça devient complexe)... Pour le coup, la page wikipédia est assez claire, bien que très incomplète aussi, voir fausse sur certains point (par exemple, dire “neumes“ en parlant de notation carrée...) : Lien

Enfin, pour en revenir au 7 notes de la gamme diatonique, il faut remonter à la théorie des Grecs, qui parle de tétracordes, qui sont au nombre de 5, si ma mémoire est bonne ; cependant, certains de ces tétracordes sont partiellement confondu, toujours est-il qu’au final, ils arrivent à une double octave, en rajoutant une note qui est hors-tétracorde. On peut aussi résonner en termes d’harmoniques (et là, il faut regarder ses vieux cours de physiques) :

A savoir : un son est une vibration de l’air, la vitesse de la vibration est donnée par une grandeur nommée fréquence, qui définit la hauteur du son. Pour une fréquence f donnée, on obtient un son donné, qui sera toujours le même pour la fréquence f. A la fréquence 2f correspond le son de la fréquence f une octave au dessus.

Chaque son, lorsqu’il est émis, est composé d’une fondamentale (la note que l’on entends généralement), et de plusieurs harmoniques, dont la fréquence est un multiple de la fréquence de la fondamentale. On remarque que si la fondamentale a pour fréquence f, la première harmonique, qui a pour fréquence 2f, est l’octave supérieure. La 2ème harmonique qui a pour fréquence 3f, est la quinte, pour 4f on a la double octave supérieure, 5f la tierce majeure, 6f la double quinte, 7f la septième mineure, 8f une autre octave, etc... En suivant ce cycle d’harmonique, et en supposant que l’on cherche à accorder un clavier, par exemple, on pourrait commencer par accorder les quintes sur une seule octave, c’est à dire, en commençant par do : do=f, sol=3f/2 (pour revenir à l’octave inférieure, on divise par 2), ré=9f/4, la=27f/8, mi=81/16f etc... si on suit ce raisonnement, cependant, on se retrouve, lorsque l’on arrive au si#, donc au do, avec une fréquence de 531441/4096f (soit approximativement 129f, soit presque 128f, qui serait une octave juste), qui n’est donc pas une puissance de 2 fois la fréquence initiale, en conséquence de quoi l’octave sera fausse. D’où la multiplicité, au Moyen-Age, des théorie concernant l’accord des instruments à claviers (en effet, au Moyen-Age, on cherche à s’inspirer des théorie grecque concernant la musique).

Bref, tout ça pour dire que somme toute, le nombre de 7 n’est pas complètement aléatoire, même si, comme pour presque toute la théorie occidentale de la musique, il est choisi car le nombre 7 (comme le 4, le 3, le 5 aussi) représente depuis déjà plusieurs siècle quelque chose de sacré (pas forcément au sens religieux du terme, disons simplement qu’ici, sacré signifie “qui rompt avec le temps profane, quotidien“).


Rafiki

le 20/11/2013 à 9:20

La question qui vous turlupine : “pourquoi donc n’y a-t-il qu’un demi-ton entre mi et fa, ainsi qu’entre si et do ?“ n’a hélas pas de réponse simple, sinon : c’est une convention adoptée dans la musique occidentale et qui vient de l’antiquité grecque (notamment Pythagore).
Pour en savoir plus, outre les pistes indiquées ci-dessus par Rafiki, des éléments de réponse se trouvent dans les dossiers suivants :
“Y a-t-il dans la musique des éléments universels ?“
“Qu’est-ce qu’un mode - résumé d’un exposé de Léonard Bernstein“
et “D’où vient le nom des notes ?“


azerty

le 20/11/2013 à 12:36

Précisions :
- “ Y a-t-il dans la musique des éléments universels ? “ dans dossier “ Curiosités musicales “ (rubrique “Divers, fourre-tout“)
- “ Qu’est-ce qu’un mode - résumé d’un exposé de Léonard Bernstein “ (rubrique “Formes et genres“)
- “ D’où vient le nom des notes ? “ dans dossier “ Foire aux questions musicales “ (rubrique “Histoire“)


azerty

le 20/11/2013 à 13:43

Si je ne m’abuse, la musique orientale a une gamme de cinq sons.
Pour connaître la mélodie de l’hymne de Saint-Jean Baptiste, consulter Danhauser

Anonyme
le 11/12/2013 à 7:58

Je vous remercie pour vos nombreux éléments de réponses ! Cela me permettra de creuser davantage.


Salyanov

le 15/12/2013 à 11:06

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Le saviez-vous ?

Domenico Scarlatti est un claveciniste virtuose : à Rome, pendant une joute musicale, il sera jugé supérieur à Georg Friedrich Haendel dans cet instrument, tandis que Haendel égalisera à l’orgue. Les relations entre les deux musiciens restèrent au beau fixe.

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