Nouveau dossier sur Karajan et le régime nazi, par un fidèle visit(au)teur !
Des époques médiévale à contemporaine, découvrez 166 biographies de musiciens (pour la plupart, des compositeurs de musique classique) sur Symphozik. Il s’agit essentiellement de compositeurs plus ou moins connus, mais de nombreux musiciens feront progressivement leur apparition sur le site. N’hésitez pas à revenir régulièrement ! Vous pouvez également consulter le classement des compositeurs par époque musicale ou nous suggérer l’ajout de nouveaux noms à la liste.
François Sarindar , le 08/05/2013 à 11h43
Claudio Magris dans son livre Danube (cf le numéro 2162 de la Collection Folio, Gallimard, 2011, page 357) brosse un portrait sévère de Franz Lehar, qu’il cataloguerait bien parmi les petits maîtres, tout justes dignes d’être qualifié du nom de compositeur, un bel amuseur, auteur de divertissements qui se veulent de la belle musique et au total un pâle imitateur des grands auteurs d’airs de valse autrichienne. Je ne partage pas son avis ni son mépris, Lehar a beau avoir donné un peu dans la facilité et semblé vouloir exploiter un filon “commercial“, il y a derrière sa légèreté, de la grâce et de la beauté pure, qui plaît à l’oreille. Chercher à réduire à rien Lehar, c’est faire la moue devant ce qui s’impose tout seul, sans discours. Voici ce qu’écrit Magris (seules lignes de son livre qui ne me plaisent pas, car l’ouvrage est de grande qualité) : “A Komorn, une plaque en deux langues informe qu’ici est né Franz Lehar, maître d’un illusionnisme au carré et d’une musique de consommation dans laquelle la nostalgie des valses de Strauss, malgré une maestria pleine de gaieté, se corrompt en une vulgarité désinvolte. L’illusionnisme de l’opérette, qui réduit la vie à la réplique, cette industrie du cynisme galant et sentimental, c’est du carton-pâte, qui, sans se donner de grands airs, détourne du sérieux de la vie“.
Que de mépris dans les termes employés ! Qu’a donc fait Lehar à Claudio Magris pour mériter un tel jugement ? Que l’on ne classe pas Lehar parmi les grands génies de la musique, bon, cela est entendu. Mais qu’on le piétine ainsi, cela n’est pas admissible. Je voudrais bien avoir fait pour mon compte aussi bien que l’auteur de La Veuve Joyeuse avant d’oser écrire sur lui comme l’a fait Magris.
Je suis, chacun a pu le constater, un “ mahlérien“, comme aimait a me dénommer le regretté docteur Georges Monnier, ozonotherapeuthe décédé en avril 2013. Et d’aimer Mahler, ne m’empêche d’aimer ni Tchaikovsky, ni Rodrigo, ni... Lehar. Je peux faire des distinctions, établir des hiérarchies dans l’importance que je donne à tel ou tel, mais j’apprecie ce qui est beau. Et la musique de Lehar entre bien dans la catégorie du “beau“, de l’esthétique sans prétention, et cela seul importe. Qu’on le classe parmi les compositeurs faciles si l’on veut, cela ne me gêne pas, mais que l’on prétende pouvoir le tenir pour quantité négligeable et lui marcher dessus, alors voilà qui ne peut que heurter ceux qui aiment la musique, et qui l’aiment tout simplement pour ce qu’elle est.
François Sarindar
François Sarindar , le 08/05/2013 à 12h37
“J’apprécie “ce qui est beau (apprécier avec e accent aigu bien sûr) dans le dernier paragraphe, et d’autres fautes de ma part comme d’habitude quand j’écris trop vite sur mon iPhone. Dans le premier : “pour être qualifiés du nom de compositeurs“, il manquait un s à compositeurs et à l’adjectif “qualifiés“ car je sous-entendais plusieurs, dont Lehar. Et “d’airs de valse autrichiens“, ou “autrichienne“, je suis bien embarrassé pour choisir.
Je pense n’être pas tout seul à goûter la musique de Lehar, d’où ma réaction d’humeur en terminant le beau livre de Magris, sur lequel je n’ai rien à dire que du bien, sous la réserve du jugement qu’il porte sur Lehar. Je sais bien : “des goûts et des couleurs...“, mais enfin on peut ne pas aimer sans avoir besoin de rabaisser.
François Sarindar