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Francis Poulenc : biographie

« Moine ou voyou ? »


  • Nom Poulenc Prénom Francis Nation France
  • Naissance 07/01/1899, à Paris (France) Mort 30/01/1963, même ville Époque musicale Moderne

Enfance et formation

Né à Paris le 7 janvier 1899 dans une famille d’industriels aisés (à l’origine du groupe Rhône-Poulenc), Francis montre très tôt des dons pour la musique. Sa mère, elle-même excellente pianiste, lui donne ses premières leçons dès l’âge de cinq ans. À sept ans, il commence à composer de petites pièces. À partir de 1915, il se perfectionne avec le pianiste virtuose Ricardo Viñes, connu pour son amitié avec Achille Claude Debussy, Isaac Albéniz, Erik Satie, Maurice Ravel, et Manuel De Falla, qui lui dédièrent tous de nombreuses pièces. Viñes introduit Poulenc dans le milieu musical parisien ; il lui fait aussi connaître le jeune et prometteur Georges Auric que Francis considère comme son « frère jumeau » (ils ont le même âge à un mois près et resteront toute leur vie de grands amis).

À 18 ans, il connaît une première réussite avec sa Rapsodie nègre (1917 ; rechercher sur Youtube) qui attire l’attention du compositeur Igor Stravinski, dont l’appui lui permet de faire publier ses premières œuvres. Grâce à Auric qui est très cultivé, Poulenc fait la connaissance des poètes d’avant-garde (Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Paul Éluard) dont il mettra de nombreux textes en musique (il sera reconnu comme un des meilleurs mélodistes de l’école française). Poulenc fait partie à cette époque d’un collectif de jeunes compositeurs créé sous l’impulsion de Cocteau et de Satie. L’esprit frondeur du groupe ravit Poulenc mais lui vaudra d’être refusé au Conservatoire de Paris.

Un jugement sans appel

Désireux de s’améliorer, Poulenc présente sa Rapsodie nègre à Paul Vidal qui enseigne la composition au Conservatoire de Paris. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est très mal accueilli ! Dans une lettre adressée à Ricardo Viñes, il rapporte la réaction de Vidal : « Il la lit attentivement, plisse le front, roule des yeux furibards en voyant la dédicace à Erik Satie, se lève et me hurle exactement ceci : "Votre œuvre est infecte, inapte, c’est une “couillonnerie” infâme. Vous vous foutez de moi, des quintes partout ; et cela est-ce cul cet Honoloulou ? Ah, je vois que vous marchez avec la bande de Stravinsky, Satie et cie, eh bien, bonsoir !" et il m’a presque mis à la porte ; me voilà donc sur le carreau, ne sachant que faire, qui aller consulter [...]. »

Il a peu produit pendant la première guerre mondiale ; il écrit cependant en 1918 Le Bestiaire, un cycle de 6 courtes mélodies sur des poèmes d’Apollinaire (écouter). C’est en janvier 1920 que le groupe d’amis réunis autour de Satie sera surnommé par un journaliste le « Groupe des Six » ; Poulenc en sera un des membres les plus représentatifs. De 1921 à 1924, toujours désireux de parfaire son métier, il apprend la technique du contrepoint et de l’écriture chorale avec Charles Koechlin, un élève de Gabriel Fauré. Il reste néanmoins une sorte d’autodidacte : « Mon canon, c’est l’instinct », dit-il un jour. C’est probablement ce qui lui a permis de garder sa fraîcheur en se détournant de tous les courants musicaux en vogue : debussysme, wagnérisme, dodécaphonisme

Entre fantaisie et gravité

L’œuvre de Poulenc, souvent légère, toujours mélodique, dénote un esprit partagé entre farce, gravité et poésie. Pendant quinze ans, il va satisfaire à sa réputation d’artiste agréable, français, voire frivole. Les influences perceptibles à l’époque dans son style, sont celles de Satie, Auric, Chabrier. La création des Biches en 1924 (écouter le début), par les Ballets russes, est un immense succès et scelle sa renommée ; on y retrouve tout l’esprit du Groupe des Six, clins d’œil, orchestre léger, thèmes d’allure « flon-flon ». Son côté « voyou » et volontiers irrévérencieux, on le rencontre à nouveau dans son Concert champêtre (1929 : écouter un extrait du 1er mvt) ou le Concerto pour 2 pianos (1932 : écouter le début du 1er mvt). Mais il s’y ajoute, derrière le badinage « galant », une certaine amertume et un certain sens du tragique.

Un tournant décisif est amené par la mort accidentelle d’une amie d’enfance. Fortement impressionné, Poulenc vit un profond retour à la foi catholique de ses parents et se tourne vers des compositions d’inspiration religieuse : écouter le début des Litanies à la Vierge noire (1936). Même une œuvre de musique « pure », comme l’émouvant et dramatique Concerto pour orgue (1938), comporte des accents liturgiques (écouter le début).Toute sa carrière, désormais, surtout après la Seconde Guerre mondiale, va se structurer autour de la musique vocale et dramatique, tantôt empruntant des accents burlesques comme dans son opéra-bouffe Les Mamelles de Tirésias (1945 : écouter un extrait du début), tantôt baignant dans une profonde spiritualité comme dans son Stabat Mater (1951 : écouter la fin).

Dernières années et conclusion

L’inspiration profane et l’inspiration religieuse, pareillement assumées, se rejoindront dans une audacieuse tentative d’opéra moderne à sujet religieux : Dialogues des carmélites d’après Bernanos (1953-1956 : écouter le prélude de la scène finale). Poulenc continue à produire, notamment La Voix humaine, bouleversant monologue lyrique sur un texte de Jean Cocteau, un éblouissant Gloria et deux sonates (pour clarinette et pour hautbois) qui seront créées après sa mort. Il décède à son domicile parisien d’une crise cardiaque le 30 janvier 1963. À sa demande, ses funérailles auront lieu dans la plus grande simplicité avec pour seule musique celle de Johann Sebastian Bach.

Pour souligner le double aspect du style de Poulenc, grande gravité d’une part, insouciance et fantaisie d’autre part, le critique Claude Rostand a forgé la formule célèbre « moine ou voyou ». Ce mélange des genres a souvent été reproché au compositeur, notamment après la première audition de son Gloria en 1961 (écouter deux extraits). Il répondit alors par une formule qui résume le personnage : « J’ai pensé simplement, en l’écrivant, à ces fresques où les anges tirent la langue, et aussi à ces graves bénédictins que j’ai vus un jour jouer au football ».

Pour en savoir plus : extraits d’un passionnant entretien de Francis Poulenc avec le journaliste Claude Rostand.

Ressources liées pour Francis Poulenc

Commentaires des internautes

Anonyme, le 31/03/2012 à 11h23
il rencontre aussi Erik Satie, en 1912, chez Roland Manuel. Roland habitait rue de Choiseul dans l’appartement de ses parents ou la sollicitude maternelle lui avais confectionnait un autre appartement, pour qu’il puisse réaliser quelques projets un peu fous. A cette époque, Le Bon maitre n’était pas encore le Satie de parade...

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