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Pérotin : biographie

« De vastes architectures sonores »


  • Nom Pérotin Nation France
  • Naissance vers 1160 Mort vers 1230 Époque musicale Médiévale

Rappel

Rappelons que l’Église s’est toujours méfiée du pouvoir séducteur de la musique. Jusqu’au Xe siècle, Elle n’admettait que l’austère chant grégorien, monodique et homophone : rythme et mélodie épousent étroitement les inflexions du texte liturgique (écouter un Agnus Dei).

Mais, du fait de l’émiettement de la société féodale et du développement des villes, l’autorité de l’Église s’affaiblit. Progressivement, les chantres prennent des libertés avec les règles et, utilisant la notation naissante, ils s’enhardissent à ajouter au plain-chant des vocalises et même une seconde voix (écouter un Sanctus).

C’est tout le mérite de Pérotin que d’avoir fait évoluer de façon décisive la polyphonie et par suite d’avoir influencé le devenir de la musique occidentale.

Un novateur hardi

On ne sait pas grand chose de la vie de Pérotin, diminutif de Petrus (Pierre). Les informations connues sont pour la plupart tirées des notes de cours d’un étudiant anglais venu à Paris à l’époque.

Pérotin, dit « maître Pérotin le Grand » serait né vers 1160 et mort vers 1230. C’est un compositeur français du Moyen Âge auquel on attribue les premiers chefs-d’œuvre polyphoniques comme son Viderunt omnes (écouter le début). À l’instar de son prédécesseur Léonin, il est associé à la cathédrale Notre-Dame de Paris construite à partir de 1163. Il est un des principaux représentant de ce qu’il est convenu d’appeler l’École de Notre-Dame.

Au début du XIIIe siècle, c’est en tant que maître de chapelle de Notre-Dame de Paris qu’il révise le Grand Livre d’organum (Magnus liber organi) attribué à Léonin, en l’enrichissant de ses propres compositions d’une technique plus évoluée.

Le maître du déchant

Jusqu’alors, l’organum était une composition à deux voix parallèles (à la quinte), dont le chant grégorien était la partie supérieure et principale. Pérotin est semble-t-il l’un des premiers à composer des œuvres à trois ou quatre voix en déchant, c’est-à-dire à ajouter un contrechant non plus au-dessous du plain-chant mais au-dessus. Par ailleurs, il introduit dans ce contrepoint des vocalises et des mouvements contraires.

On passe donc gràce à Pérotin de l’organum « parallèle » à l’organum « fleuri » : c’est un progrès considérable. Très estimé en son temps, il sera d’ailleurs qualifié de discantor optimus (meilleur déchanteur) vers 1275.

Postérité

Redécouvertes au XXe siècle, les grandioses architectures sonores de Pérotin ont inspiré certains compositeurs adeptes du minimalisme. Exemples : Arvo Pärt dans An den Wassern zu Babel (1976 : écouter un extrait) ou Steve Reich dans Proverb (1995 : écouter un extrait).

Ressources liées pour Pérotin

Commentaires des internautes

Anonyme, le 01/11/2014 à 14h23
C’est dommage il n’y a pas de photos de Pérotin.

Symphozik, le 01/11/2014 à 15h55
Ou même un hologramme tridimensionnel !

Anonyme, le 22/05/2016 à 14h32
Pérotin devait être très grand

Symphozik, le 22/05/2016 à 15h13
Mais avant il était petit.

Anonyme, le 08/07/2016 à 12h36
Je découvre avec plaisir ce site et, plus précisément, cette page: c’est bien fait, bien rédigé, sans doute très informé par-delà une grande simplicité de ton (sans jeu de mots).

Le note relative à Pärt et à Reich, édifiante, est une épine cruelle dans le flanc de ceux qui, par l’effet de leur ignorance, persistent à voir des créateurs ou des novateurs chez l’un et l’autre.

Pour le reste, les commentaires précédant le mien, quoique sans malice, ne sont pas à la hauteur de ce qui est présenté ici.

Brice Coustillas

Anonyme, le 05/11/2017 à 22h12
Bonjour,
Ailleurs, je trouve cette définition de l’homophonie : une catégorie de la polyphonie où les voix prononcent le texte toutes en même temps, comme dans un choral luthérien. Ce qui ne semble pas compatible avec le caractère monodique du chant grégorien. Merci

azerty, le 06/11/2017 à 10h45
Vous avez raison de souligner l’utilisation plutôt ambiguë de l’adjectif homophone. Dans un sens large, il signifie “qui sonne de la même façon” (exemple : les mots dessin et dessein). On voulait dire ici que, dans le chant grégorien, l’ensemble des chanteurs produit, non seulement la même mélodie (d’où la monodie), mais aussi le même son (les voix, soit masculines, soit féminines, se mélangent parfaitement, ne formant qu’une seule masse sonore)... Bon, reconnaissons que c’est un peu emberlificoté. Mais on parle bien de l’adjectif homophone, pas de l’homophonie musicale qui est évidemment tout autre chose.

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Même élu membre de l’Académie des Beaux Arts, il arrivait à Camille Saint-Saëns de se déguiser en Marguerite et de chanter le vol des bijoux en voix de fausset.

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