Le saviez-vous ? Pouchkine (dans sa pièce "Mozart et Salieri") et Miloš Forman (dans son film "Amadeus") comptent parmi les colporteurs de la rumeur selon laquelle Antonio Salieri aurait provoqué la mort de Wolfgang Mozart. Cette thèse a pris du plomb dans l’aile, l’Italien figurant par exemple parmi les rares personnes présentent à l’enterrement du prodige.
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Musique classique : les compositeurs sortent de l’ombre
Actualité du site - 23 octobre 2014

Trois nouveaux dossiers, rien que ça : Debussy et la flûte, Le trio flûte, alto et harpe et dans un autre registre, un lexique pour l’analyse de la musique médiévale. [Bonus : juste pour le fun, la biographie courte de Mozart est désormais disponible…en arabe ! فولفغانغ أماديوس موتسارت]

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Antonin Dvorak : biographie

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Nom Dvorak
Prénom(s) Antonin
Né le 08/09/1841
À Nelahozeves
Mort le 01/05/1904
À Prague
Nation République tchèque
Époque musicale Romantique

Biographie

Antonin Dvorak est né le 8 septembre 1841 à Nelahozeves, petit village tchèque sur la Vlatva et proche de Prague. Son père, Frantisek Dvorak, est l’aubergiste et le boucher de ce village. Il dirige son commerce avec beaucoup de sérieux et consacre ses moments libres à la musique. Antonin est le premier enfant de la famille Dvorak. Dès l’âge de cinq ans, Dvorak joue du violon à l’auberge familiale puis fait partie de l’orchestre du village. Il est ensuite envoyé chez son oncle à Zlonice pour y apprendre l’allemand, langue indispensable sous le joug autrichien pour espérer s’élever dans la société. L’instituteur du village, homme intraitable, est un musicien passionné qui enseigne l’orgue, le piano et l’alto à son élève.

Il lui enseigne également l’harmonie et le contrepoint. Dvorak s’essaye rapidement à la composition. Sa première œuvre est une polka. Cependant, malgré ses prédispositions, il lui faudra une bonne dizaine d’années pour maîtriser la composition. Ses parents viennent s’installer à Zlonice à leur tour. Ses études musicales seront retardées jusqu’à 1856. Antonin Liehmann, l’instituteur de Zlonice, persuade l’oncle de Dvorak de l’envoyer étudier à l’école d’organiste de Prague. À l’automne 1857, il est inscrit à l’école d’orgue de Prague. Il y acquiert les rudiments de la musique classique, étudie Wolfgang Mozart et Ludwig van Beethoven en particulier, mais ne s’y plait guère en raison d’une inimitié avec son directeur, Josef Krejci.

Dès 1859, Dvorak obtient une place d’altiste chez Karel Komzak, un compositeur. Dvorak découvre la musique de Richard Wagner et s’en passionne. Parallèlement, le futur grand compositeur doit, pour renflouer ses maigres finances, donner des cours. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance d’Anna Cermakova, qu’il épousera le 17 novembre 1873. Leur union sera longue et heureuse, mais endeuillée par les décès successifs de trois enfants entre 1875 et 1877. Dvorak puisera cependant dans son chagrin le splendide Stabat Mater qui le rend célèbre dans toute l’Europe. Eduard Hanslick, célèbre critique musical, lui propose de s’installer à Vienne mais Dvorak refuse.

Russie et États-Unis

Organisée par Piotr Illitch Tchaïkovski, la tournée en Russie du compositeur tchèque est un triomphe. Il ne refusera cependant pas une offre du Conservatoire de New-York, qui lui propose la direction de l’orchestre. Le salaire est en effet très intéressant, tout comme le projet. Dvorak, qui enseignait alors au Conservatoire de Prague (avec parmi ses élèves Vítězslav Novák), part donc en 1892, excelle comme chef d’orchestre et compositeur : c’est là que sa célèbre Symphonie du nouveau monde (n. 9) verra le jour. Dvorak fut très charmé par les États-Unis (il y composera le quatuor Américain, qui conserve cependant beaucoup du folklore slave). Vers la fin de sa vie, Dvorak se consacre essentiellement à l’opéra : Le Diable et Catherine, Armide et Russalka. D’essence tchèque, ils couronneront son œuvre malgré l’échec d’Armide, son dernier opéra.

Dvorak meurt brutalement à Prague le premier mai 1904, suite à une congestion cérébrale. Il est enterré comme Bedrich Smetana au cimetière de Vysehrad où il repose désormais près de la Moldau. Sa fille Otylka, épouse de Josef Suk, meurt l’année suivante.

Son œuvre, très souvent marquée par la musique populaire tchèque, est abondante et variée. Ses neuf symphonies, dont la dernière, dite Symphonie du Nouveau Monde (1893), sont remarquables. Les plus jouées sont les symphonies 5, 6, 7, 8 et 9. À noter également les très beaux Concerto pour piano en sol mineur (1876), le Concerto pour violon en la mineur (1880) et surtout le Concerto pour violoncelle en si mineur (1895) qui fera l’admiration de Johannes Brahms.

La musique de chambre occupe une place centrale dans son œuvre et comprend des trios avec piano, des quatuors à cordes (Quatuor américain, 1893), un quintette avec piano, etc. On lui doit aussi des œuvres vocales, profanes et religieuses (Stabat Mater, 1877 ; Requiem, 1890 ; Te Deum, 1892), des opéras (dont Russalka en 1901), des ouvertures, des poèmes symphoniques (dont le Rouet d’or, 1896, et la Palombe, 1896), et les très célèbres Danses slaves (1878 et 1887).

Ressources liées pour Antonin Dvorak

Sélection d’œuvres

Chefs-d’œuvre

Concerto pour violoncelle
Danses slaves 6 et 8 op 46
Dumki trio
Quatuor à cordes n°12 "Américain"
Symphonies 7, 8, 9"Nouveau monde"

À découvrir

Concerto pour piano
Concerto pour violon
Requiem
Rusalka
Stabat mater

Références

• Éric Baude, Alain Chotil-Fani : Antonin Dvorak, un musicien par-delà les frontières (Buchet Chastel, 2007)

Commentaires des internautes

Anonyme, le 05/10/2011 à 13h02
maman est pas là

Anonyme, le 27/12/2011 à 19h03
Bonsoir,

merci pour cet article, je me permets d’indiquer que Dvorak n’a certainement jamais appris le métier de boucher. C’est une légende biographique assez ancienne qui a été réfutée dans les années 1990 par Jarmil Burghauser. Le diplôme de boucher montré dans certains ouvrages est en réalité un faux grossier.

Cordialement à vous
Alain Chotil-Fani
http://musicabohemica.blogspot.com/2007/10/dvorak.html

Symphozik, le 27/12/2011 à 19h07
Bonsoir,
C’est corrigé, merci. Mais je n’ai pas trouvé l’information à l’adresse que vous fournissez ?
Cordialement,
Jean-Baptiste

Anonyme, le 27/12/2011 à 20h50
Bonsoir,

merci de la correction. J’avais mis la source de l’info dans mon bouquin sur Dvorak, je vais remettre la main dessus pour donner une source fiable. Je précise que le jeune homme a aidé son père dans le commerce familial mais qu’il n’a sans doute pas commencé l’apprentissage officiel, c’est pourquoi certains ont cru bon de fabriquer le faux diplôme !

cordialement
Alain CF

Anonyme, le 28/12/2011 à 20h37
Bonsoir,

Voici la source de l’information :
livre "Dvorak and his world", article "A biographical sketch", note n° 1 de Jarmil Burghauser (p. 226). Livre édité par Michael Beckerman, Princeton University Press, 1993.

Je reprends l’info en français dans le livre que j’ai co-écrit avec Eric Baude "Antonin Dvorak, un musicien par-delà les frontières" (Buchet Chastel, 2007).

Cordialement à vous
Alain Chotil-Fani

Symphozik, le 28/12/2011 à 20h57
Encore merci à vous !
Cordialement,
Jean-Baptiste

Anonyme, le 17/11/2012 à 20h38
Anecdote véridique au sujet de sa première Symphonie (Les Cloches de Zlonice) : il s’agissait d’une œuvre de concours, que Dvořák ne remporta pas. Le manuscrit ne lui fut pas retourné, et donc considéré comme perdu.
C’est un certain Rudolf Dvořák, sans parenté avec le compositeur, et même ignorant l’existence de celui-ci, qui trouva le manuscrit chez un bouquiniste en 1923. Il l’acheta par curiosité, du fait de l’homonymie de leurs noms.
Finalement, l’origine du manuscrit fut attestée et l’œuvre exécutée en 1936.

Georgio81, le 12/03/2013 à 9h33
Bien le travail sur Dvořák. Il suffirait de corriger quelques coquilles pour que le travail soit parfait. Cela dit, moi aussi je fait beaucoup de fautes car franchement la syntaxe française est très compliquée et les académiciens comme les défenseurs de l’orthographe sont des gens intraitables, arriérés plus préoccupés par leur petits pouvoir que par une solide et indispensable réforme de notre langue .
Alléluia Banzaï

Symphozik, le 12/03/2013 à 11h42
Les coquilles (assez nombreuses en effet) ont été corrigées, au moins pour celles que j’ai répérées !
Merci pour votre commentaire et pour votre inscription ;)
Jean-Baptiste

Anonyme, le 31/10/2013 à 20h34
Les coquillette sont cuites ;)

Anonyme, le 13/04/2014 à 16h35
Pour mieux comprendre coquille, il faut mieux enlever le Q.
Véridique.

Anonyme, le 12/06/2014 à 17h47
C’est bon les coquillette miam/:)

Anonyme, le 27/09/2014 à 11h41
merci pour cet article qui m’a aidé pour un devoir
PS.bonne app’ avec les coquillettes! ;)

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