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Vítězslav Novák : biographie

« Sous influence du folklore slovaque »


  • Nom Novák Prénom Vítězslav Nation République tchèque
  • Naissance 05/12/1870, à Kamenice nad Lipou (République tchèque) Mort 18/07/1949, à Skuteč (République tchèque) Époque musicale Moderne

Viktor (plus tard Vítězslav) Novák est né à Kamenice nad Lipou, petite ville du le sud de la Bohême, le 5 décembre 1870. Il n’a que onze ans lorsque son père, médecin de campagne, meurt, et que la famille déménage à quelque 20 kilomètres de là, à Jindrichuv Hradec (où une école porte de nos jours le nom de Vítězslav Novák). Il y reçoit une formation générale et musicale assez sérieuse (Vilem Pojman lui enseigne notamment le piano et l’encourage à composer), puisqu’elle lui permettra alors qu’il n’a pas encore vingt ans (en 1889, plus précisément) de rejoindre le Conservatoire ainsi que l’université Charles de Prague (il y étudiera le droit mais également la philosophie). Ainsi, Novák ne s’oriente pas exclusivement vers la musique, comme Leoš Janáček qui avait quant à lui suivi une formation d’instituteur.

Au Conservatoire, il suit les cours de Josef Jiranek pour le piano, de Karel Knittl pour l’harmonie et du très conservateur Karel Stecker pour le contrepoint (vous nous excuserez de ne pas citer les noms de ses professeurs de droit !). Ce dernier recommande le jeune homme et lui permet ainsi d’intégrer la classe de composition de son illustre compatriote Antonin Dvořák en 1891 (Karel Bendl succédera à ce dernier en 1892). Parmi ses camarades, on trouve par exemple Josef Suk, Oskar Nedbal ou encore Rudolf Karel. C’est à cette époque que, pour affirmer son attachement à l’identité nationale tchèque, Viktor devient Vítězslav, et qu’il décide de gagner sa vie grâce à la musique. Lorsqu’il quitte le Conservatoire le 8 juillet 1892, il a déjà quelques œuvres à son actif dont une sonate pour violon et piano et une ouverture (le Corsaire).

Tout comme Janacek ou Béla Bartók, c’est dans le folklore morave (qu’il découvre pendant l’été 1896) que Novák va puiser son style et son inspiration. Ce faisant, il se détache de la plupart de ses contemporains praguois, notamment influencés par Johannes Brahms ou Richard Wagner et qui n’ont pas le plus grand respect pour la musique folklorique. Le compositeur s’attache quant à lui davantage à des compositeurs comme Richard Strauss, notamment après avoir assisté à la première de Salomé à Prague en 1906.

Vítězslav Novák commence à partir du XXe siècle à gagner sa vie grâce à la musique. C’est de cette époque que datent certaines de ses grandes œuvres : des poèmes symphoniques comme Dans les montagnes Tatra ("V Tatrach", op. 26, 1902), Suite slovaque pour orchestre (op. 32) ou L’éternel désir (O vecne touze, op. 33, 1903). En effet, s’il donne des cours privés jusqu’en 1909 et qu’il séjourne habituellement à Brno, d’ailleurs terre de prédilection de Janacek, c’est au Conservatoire de Prague qu’il enseigne à partir de cette année et ce jusqu’en 1920, ses classes connaissant un certain succès auprès d’une nouvelle génération de compositeurs tchèques.

Malgré ces occupations, son activité artistique ne tarit pas puisqu’il écrit en 1919 son œuvre la plus célèbre, la cantate profane La Tempête (op. 42, création à Brno le 17 avril 1910 pour le 50e anniversaire de la société philharmonique de la ville). Toutefois, en 1912, alors qu’il a épousé Marie Prášková, une bataille l’oppose à Zdeněk Nejedlý (ça en fait, des accents !), musicologue et critique tchèque qui mène alors la guerre à Dvorak. En prenant la défense de ce dernier, Novák s’attire les foudres du critique qui tente dès lors de le détruire, provoquant une crise créative chez un Novak déjà sujet à des moments de dépression.

Après la première guerre mondiale et l’accession tchèque à l’indépendance, alors que jusque là les germanophones occupaient les places importantes dans la vie culturelle de Prague, se produit le phénomène inverse : les Tchèques reprennent le contrôle de leurs institutions, Novak et Suk parviennent à des postes haut placés. Les immigrés Allemands comme Alexander von Zemlinsky doivent quant à eux créer leurs propres institutions.

Les années 1930 voient ainsi les premières de nombreuses œuvres d’envergure de Novak : Symphonie d’automne (1934), Suite bohémienne du sud pour orchestre (1936-1937). Lorsque la Seconde Guerre mondiale survient et que l’Allemagne prend le contrôle du pays, Novak est à la retraite, ce qui ne l’empêche pas de résister à sa manière : par sa musique (De Profundis, op. 67, 1941), il souhaite entretenir le patriotisme du peuple tchèque. L’estime de ses compatriotes pour le compositeur grandit encore. À la fin de la guerre, il achève sa Symphonie de Mai (avec solistes, chœur et orchestre imposants) qu’il dédie à Staline, salué comme le sauveur de la Tchécoslovaquie.

Novak se consacre ensuite à la rédaction de ses mémoires, O sobě a jiných (Moi et les autres [?], publiées en 1970), dans lesquelles il exprimera certaines rancunes de longue date, aussi bien envers son rival Otakar Ostrčil qu’envers son ami Suk. Il meurt à Skuteč, dans l’est de la Bohême, le 18 juillet 1949.

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