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Sergueï Eduardovich Bortkiewicz : biographie


  • Nom Bortkiewicz Prénom Sergueï Eduardovich Nation Ukraine
  • Naissance 28/02/1877, à Kharkov (Ukraine) Mort 25/10/1952, à Vienne (Autriche) Époque musicale Romantique

Sergueï Eduardovich Bortkiewicz naît à Kharkov (actuelle Ukraine, mais faisant alors partie de l’Empire Russe) le 28 février 1877, d’Eduard Bortkiewicz et de Sophia Uschinskaja. Il est le quatrième enfant de cette fratrie issue de la noblesse polonaise, et passera la majeure partie de son enfance dans le domaine familial d’Artemovka, près de Kharkov.

Ses premiers professeurs de piano seront Ilja Slatin, le directeur du conservatoire de Kharkov, et Alfred Bensch. Plus tard leur succéderont Anatoly Lyadov et Karl von Arek, du Conservatoire de Musique impérial de Saint Pétersbourg, ville où notre protagoniste part étudier le droit dès 1895. Là, il suit les cours de piano de Karel Pieter Hendrik van Ark, que Bensch connaissait personnellement. Ces cours d’Hendrik, que Bortkiewicz qualifiera plus tard dans ses mémoires de remarquables et exhaustifs, contraignaient cependant souvent les élèves à attendre leur tour pendant de longues heures, alors que le professeur pouvait parfois quitter le Conservatoire après 23 heures ! Le piano occupant la majeure partie du temps de Bortkiewicz, il parvient à suivre les cours de théorie d’Anatoli Liadov ou de Karl von Arek mais ne peut assister aux cours d’autres compositeurs renommés tels que Nicolaï Rimski-Korsakov ou Alexandre Konstantinovitch Glazounov (théorie et composition).

Déjà à cette époque, le musicien souhaite étudier la musique en Allemagne. Ses meilleurs amis et d’autres étudiants (dont le peintre Sergei Sagoskin) l’accompagnent le long d’un périple qui les verra passer d’Istanbul à Vienne en passant par Rome, Athènes ou encore Venise (citons encore la Crète, Naples, Gêne, Milan...). En 1898, les autorités ferment l’université de droit où ont lieu des manifestations étudiantes, ce qui empêche Bortkiewicz d’y achever ses examens (et accessoirement, prolonge d’un an la durée des études de ces pauvres bougres).

Quittant alors l’université, Bortkiewicz intègre le régiment Alexander Nevsky dans le cadre de son service militaire, mais il tombe malade quelques mois plus tard et, après un long séjour à l’hôpital, il quitte Saint Pétersbourg au printemps 1900 pour le domaine familial où il pratique de nouveau le piano avec assiduité. C’est en Allemagne, et plus précisément au Conservatoire de Leipzig, qu’il décide de reprendre ses études musicales. Parmi ses professeurs figurent pour le piano deux anciens élèves de Franz Liszt, Alfred Reisenauer et Karl Piutti, alors que Salomon Jadassohn lui enseigne la composition.

En juillet 1902, il achève ses études à Leipzig et reçoit à cette occasion le prix Robert Schumann. De retour en Russie, il épouse le 18 juillet 1904 Elisabeth Geraklitova, une amie de sa sœur Vera. Le couple s’installe à Berlin, où il demeurera jusqu’au début de la Première Guerre mondiale malgré de nombreux déplacements en Russie ou en Europe. Bortkiewicz, en plus d’entamer véritablement sa carrière de pianiste (aussi bien en tant que concertiste que professeur, par exemple au Conservatoire Klindworth-Scharwenka où il sympathise avec le pianiste néerlandais Hugo van Dalen), commence à composer. Ainsi, il dirige l’orchestre Blüthner lors de la création en novembre 1913 de son premier Concerto pour piano (op. 16), où van Dalen officie en tant que soliste.

La Première Guerre mondiale les contraint, en tant que ressortissants d’une nation hostile, à l’exil. De retour à Kharkov avec son épouse, Bortkiewicz poursuit toutefois sa triple carrière d’interprète, professeur et compositeur, jusqu’à ce que la révolution russe le pousse de nouveau à fuir. Dans un premier temps, et lorsque l’Armée blanche tsariste parvient à repousser l’Armée rouge communiste, il trouve refuge à Artemovka. Mais cela ne dure pas : à l’été 1919, Kharkov tombe aux mains de l’Armée rouge, privant d’espoir de retour notre noble protagoniste. Cette période malheureuse est également marquée par la mort de sa mère et de son beau-frère, atteints du typhus.

C’est sans le sou que le couple à nouveau exilé débarque à Constantinople (actuelle Istanbul) en novembre 1919. L’aide de Ilen Ilegey, pianiste du Sultan, lui sera précieuse, permettant au réfugié de reprendre sa carrière interrompue et de goûter au gratin local : ainsi, l’épouse de l’ambassadeur de Yougoslavie, Natalie Chaponitsch, le convie à ses réceptions musicales et l’aide à obtenir un visa pour la Yougoslavie : les Trois Morceaux (op. 24, 1922) de Bortkiewicz lui seront dédiés (qui a dit "trafic d’influence" ?). Elisabeth et Sergueï rejoignent successivement Belgrade, Sofia puis, le 22 juillet 1922, Baden, en Autriche.

À son arrivée dans la capitale autrichienne quelques mois plus tard, Bortkiewicz, inconnu des mélomanes locaux, profite du soutien de son ami Paul de Conne pour s’intégrer à la vie musicale viennoise. Cet ancien du Conservatoire de Saint Pétersbourg, non content de faire connaître notamment le Prélude en ré bémol majeur (op. 33 n° 8) qu’il interprète fréquemment, parvient également, grâce à ses accointances au Ministère de l’Éducation, à obtenir pour son protégé la nationalité autrichienne en 1925. La première période viennoise voit également la création du Second concerto pour piano pour main gauche seule (op. 28), composé à la demande du pianiste Paul Wittgenstein (qui sera en 1930 à l’origine de la Rhapsodie russe, également pour main gauche). Quant à Paul de Conne, son amitié est récompensée par le troisième concerto pour piano, "per aspera ad astra" (op. 32), qui lui est dédicacé.

Après un séjour de six mois à Paris en 1928, le couple s’installe à Berlin. Mais la crise économique et l’arrivée de Hitler au pouvoir le poussent au départ en 1933 : c’est le retour pour Vienne. Il y fait la connaissance de Maria Cernas, sa propriétaire, qui lui procure une aide précieuse. Depuis plusieurs années, Bortkiewicz connaît des difficultés financières que le pianiste Hugo van Dalen tente au mieux de satisfaire. Par ailleurs, toujours dans un but alimentaire, le compositeur traduit du russe vers l’allemand la correspondance échangée par Piotr Ilitch Tchaïkovski avec la Baronne von Meck. Il enseigne également au Conservatoire (parfois, comme le révèle sa correspondance de guerre, à des températures inférieures à quatre degrés).

Malgré la Seconde Guerre mondiale et la vie plus que spartiate qu’elle force à mener, pour le couple comme pour tant d’autres, Bortkiewicz compose et crée sa Deuxième sonate pour piano (op. 60) le 29 novembre 1942. Elle sera dédiée à Hans Ankwicz-Kleehoven, fondateur de la Société Bortkiowicz en 1946, qui vise à promouvoir la musique du compositeur (elle sera dissoute en 1973). À l’issue de la guerre, le musicien peut faire une croix sur l’essentiel des revenus que lui avaient assurés ses compositions, détruites pour la plupart sous les bombardements. Exténué, le couple est un temps soigné à l’hôpital François-Joseph.

À l’automne 1945, Sergueï retrouve enfin une certaine sécurité financière grâce à sa nomination comme directeur de section au Conservatoire municipal. En 1946, il compose ses Six préludes (op. 66), dont seulement deux ont été jusqu’à présent retrouvés.

Le 26 février 1952 est donné un concert en honneur du 75e anniversaire du compositeur. La qualité et le succès qu’y rencontrent le premier concerto pour piano, son "intermède lyrique sur des peintures de Sandro Botticelli", ou encore sa Première Symphonie "de ma Patrie", réjouissent Bortkiewicz, qui est même décrit dirigeant l’orchestre "comme un jeune homme de 25 ans". Mais à partir d’octobre, sa santé faiblit et il est admis à l’hôpital. Une opération est tentée, qui le soulage mais le laisse épuisé. Il décède finalement d’une thrombose le 25 octobre 1952.

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