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Johann Adolph Hasse : biographie


  • Nom Hasse Prénom Johann Adolph Nation Allemagne
  • Naissance 25/03/1699, à Bergedorf-Hambourg (Allemagne) Mort 23/12/1783, à Venise (Italie) Époque musicale Baroque

Johann Adolph Hasse est né au plus tard le 25 mars 1699, jour de son baptême, à Bergedorf (actuellement un quartier de Hambourg), dans une famille qui tient l’orgue de l’église Saints Pierre et Paul de la ville depuis trois générations. Il est le second fils (sur cinq) de Peter Hasse et de Christina Klessing, et l’arrière-petit-fils de Peter Hasse dit l’Aîné (1575-1640), compositeur et organiste.

C’est tout naturellement qu’il est initié à la musique par son père et que dès 1714, il apprend le chant à Hambourg. Il y est repéré par le poète Johann Ulrich von König, qui en fait un ténor à l’Oper am Gänsemarkt en 1718.

À l’Oper am Gänsemarkt (“l’Opéra situé près du marché aux Oies”)

Cela ne saute peut-être pas aux yeux quand on en lit le nom, mais l’Oper am Gänsemarkt fut le premier et le principal opéra municipal en langue allemande, et le plus grand de son temps avec une capacité de 2000 places. Il fut fondé le 2 janvier 1678 à l’initiative de Gerhard Schott, qui avait été impressionné au cours de son voyage en Italie par les théâtres locaux. À l’époque où notre protagoniste rejoint le théâtre, ce dernier est dirigé par J.H. Sauerbrey.

Rapidement, Hasse déménage à Brunswick, presque 200 kilomètres au sud de Hambourg. C’est dans cette ville qu’a lieu le 11 août 1721 la première de son premier opéra, Antioco, avec le compositeur lui-même dans le rôle-titre. À noter qu’il ne se produit plus à l’opéra-situé-près-du-marché-aux-oies mais à l’Opernhaus am Hagenmarkt (“l’Opéra situé près du marché de Hagen”), ce qui sonne déjà beaucoup plus classe.

“Il caro, il divino Sasso”

Le très bon accueil fait à Antioco convainc le compositeur de faire évoluer sa carrière à l’international, l’Allemagne du Nord ne lui offrant pas assez de perspectives. À partir d’environ 1722, il est en Italie (pays qui aura attiré un certain nombre d’autres compositeurs allemands, comme au hasard Hans Leo Hassler ou Heinrich Schütz), et suit à Naples les cours de composition de Nicola Porpora (avec qui les relations se dégradèrent rapidement) et d’Alessandro Scarlatti. Ce dernier influença l’œuvre de l’Allemand, avec qui il devint d’ailleurs ami (il semblerait que Johann Joachim Quantz, que Hasse avait introduit auprès de Scarlatti, ait été témoin de cette relation).

Naples contribue comme prévue à accroître la renommée de Hasse, qui s’y est d’ailleurs converti du protestantisme au catholicisme. Sa sérénade Antoine et Cléopâtre (interprétée en septembre 1725 par le célèbre Farinelli et Vittoria Tesi), puis l’opéra Sesostrate (interprété le 13 mai 1726 au fameux Teatro San Bartolomeo) sont deux succès.

C’est Artaserse (écouter l’ouverture ainsi que l’air Pallido), un opera seria (opéra sérieux, par opposition à l’opera buffa / opéra-bouffe) que Johann Adolph Hasse présente au Carnaval de Venise de 1730, qui en fait l’un des compositeurs fétiches de l’Italie d’alors : on va alors l’y surnommer “il caro/divino Sassone”, le cher/divin Saxon. C’est ce succès qui le met en relation avec le poète Métastase.

Hasse et Métastase

Hasse mettra en musique un grand nombre des textes du fameux poète italien Métastase (ou Pietro Trapassi, Pietro Metastasio ; 1698-1782), qui officie à la Cour de Vienne. Au départ, il y porta de nombreuses modifications. Mais, sous l’influence de Frédéric II de Prusse et de Francesco Algarotti, le compositeur commence à partir des années 1740 à utiliser les textes de l’Italien bruts de toute retouche. Il va jusqu’à revoir ses anciennes œuvres pour mieux y respecter la volonté du poète. La collaboration entre les deux artistes, deux fers de lance de l’opera seria et presque exacts contemporains, se doublera dès lors d’une grande amitié. Après 1753, Hasse n’utilisera d’ailleurs plus que les livrets de Métastase, à une exception près.

La même année, le 20 juillet, il épouse Faustina Bordoni, une chanteuse très renommée surnommée “el nuova Sirena” (la nouvelle Sirène), qui interprétera par la suite la plupart des œuvres de son mari.

Dresde

En 1731, les deux époux sont à la Cour de Dresde, où Hasse travaillera pour le Prince Électeur Frédéric-Auguste Ier, et l’opéra Cleofide (écouter l’ouverture ainsi que l’air Perder l’amato) est donné le 13 septembre. Assistent entre autres à la représentation un certain Johann Sebastian Bach et son fils Wilhelm Friedemann. Bach reviendra souvent à Dresde pour y écouter de “jolies chansonnettes” (hübsche Liederschen), selon son expression un rien goguenarde pour désigner les arias de Hasse. Selon Carl Philipp Emanuel Bach, Bach père et Hasse se connurent bien.

Le 1er février 1733, à la mort de son employeur, Hasse et Bordoni profitent des quelques mois que lui offre la période de deuil (pendant laquelle la musique était prohibée à la Cour) pour voyager à Venise, où il collabore avec l’Ospedale degli Incurabili, un orphelinat de jeunes filles, un peu à la manière d’Antonio Vivaldi avec l’Ospedale della Pietà. Hasse passe ensuite par Bologne, où son opéra Siroe est donné par une sorte de dream team où figurent notamment Farinelli et Caffarelli : c’est encore un triomphe.

Déjà Maître surnuméraire de la Chapelle Royale Napolitaine, Johann Adolph Hasse est intronisé Maître de la Chapelle du Roi de Pologne et de la Cour de Saxe” par Frédéric-Auguste II, le successeur de son employeur, le premier décembre 1733. Ses nouvelles charges, au demeurant très bien rémunérée, ne l’empêchent pas de voyager, dès qu’on n’a plus besoin de lui : en Italie, bien sûr, mais aussi à Londres, à Munich, à Paris, à Varsovie ou encore à Berlin, Frédéric II de Prusse l’estimant beaucoup (il fut cependant responsable de la perte de nombreux manuscrits de Hasse lors du siège de Dresde par les troupes prussiennes en 1760).

La guerre de sept ans force la Cour de Dresde à l’exil en 1756. Hasse reste quant à lui dans la ville : le roi de Prusse Frédéric le Grand profite même de sa petite "tournée touristique" en Saxe pour rendre régulièrement visite aux époux Hasse et causer musique avec Johann Adolph, qu’il considère énormément.

En avril 1763, Frédéric-Auguste II meurt. Son successeur, qui fait face à de gros problèmes de trésorerie causés par la guerre et les largesses du précédent souverain, doit congédier Hasse, qui avait jusque là profité d’un salaire extrêmement confortable, sans même lui accorder de pension. En février 1764, après avoir donné son Requiem (écouter l’Introitus) pour la mort de Frédéric-Auguste II, le compositeur quitte définitivement Dresde pour Vienne, accompagné bien sûr de sa femme, et de leurs enfants (on vous gardait la surprise, mais Faustina a accouché de deux filles).

Vienne

Hasse n’est pas un inconnu pour la famille royale autrichienne : il avait déjà honoré quelques commandes pour des mariages prestigieux, comme celui de Maria Anna, la sœur de l’Impératrice d’Autriche, avec Charles-Alexandre de Lorraine (opéra Ipermestra, 1744).

Dans cette lignée, il compose en 1765 Romolo ed Ersilia (Romulus et Hersilieécouter l’ouverture) pour les noces de l’archiduc Pierre-Léopold de Habsbourg-Lorraine avec l’infante d’Espagne Marie Louise de Bourbon. En 1771, c’est pour l’union entre l’Archiduc Ferdinand et Marie Béatrice d’Este qu’il compose son dernier opéra, Ruggiero (écouter l’ouverture). Au cours des festivités est représenté l’opéra Ascanio in Alba du jeune Wolfgang Mozart, 15 ans, au sujet duquel Hasse aura ces paroles prémonitoires : “ce garçon nous fera tous oublier“.

C’est aussi dans la capitale autrichienne qu’il écrira sa Cantate pour soprano, harmonica de verre et orchestre, harmonisation inhabituelle s’il en est.

Dernières années à Venise

À partir d’avril 1773, la famille se rend à Venise. Hasse tire ses revenus désormais modestes de sa collaboration avec l’orphelinat de jeunes filles, ainsi que quelques commandes de la famille royale de Dresde.

Johann Adolph Hasse décède le 16 décembre 1783 dans la cité des Doges, ayant survécu un peu plus de deux ans à Faustina, morte le 4 novembre 1781.

Ressources liées pour Johann Adolph Hasse

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