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Josquin des Prés : biographie

« Le prince des musiciens »


  • Nom Prés Prénom Josquin des Nation France
  • Naissance vers 1440, à Beaurevoir (France) Mort 27/08/1521, à Condé-sur-l’Escaut (France) Époque musicale Renaissance

Le contexte

Le XVe siècle est une de ces périodes où le contexte politique a fortement pesé sur le cours de la musique. Le conflit qui oppose l’Angleterre et la France, qu’on nomma guerre de cent ans, a des conséquences profondes. Dans un pays ravagé, la France perd la place essentielle qu’elle a si longtemps tenue. Les foyers musicaux se déplacent vers les régions restées prospères et pacifiques : la Bourgogne et la Flandre, provinces qui sont à l’époque gouvernées par les Ducs de Bourgogne (1364-1477). À leur cour, la plus riche et la plus brillante d’Europe, affluent de nombreux musiciens. Pour les fêtes et les réjouissances de leurs mécènes, ils composent de nombreuses œuvres profanes d’un caractère raffiné et galant. Le plus célèbre est Gilles Binchois (c.1400-1460 : écouter Filles à marier).

Alors qu’un climat de détente domine en Bourgogne, un esprit tout différent règne en Flandre. Les œuvres sont surtout religieuses, d’un caractère sérieux mais chaleureux, d’une écriture stricte mais expressive. Le musicien flamand le plus connu est Josquin Des Prés, surnommé en son temps « le prince de la musique ». Quelle chorale amateure n’a pas exécuté (sans jeu de mot) sa chanson Mille Regretz (écouter le début) ?

Biographie

Né vers 1440 à Beaurevoir en Picardie, Josquin des Prés a reçu premières leçons de musique à la collégiale de Saint-Quentin, en tant que membre de sa maîtrise, et a ensuite été disciple de Johannes Ockeghem qu’il admirait beaucoup (écouter le début du Deo gratias d’Ockeghem). Il commence sa carrière en tant que castrat au Dôme de Milan, et entre ensuite au service du duc Sforza à Milan, puis de la chapelle pontificale de Rome de 1489 à 1495. Il retourne ensuite à Milan puis revient en France vers 1499 au service du roi Louis XII. Il est enfin engagé par le duc de Ferrare début 1503.

Josquin ne resta pas longtemps à Ferrare. Une épidémie de peste lors de l’été 1503 amena le duc et sa famille à évacuer la ville en même temps que les deux tiers des citoyens et Josquin partit en avril de l’année suivante sans doute pour y échapper lui aussi. Son remplaçant Jacob Obrecht, mourut de l’épidémie peu après. De Ferrare, Josquin retourne directement dans sa région d’origine de Condé-sur-L’escaut (au sud-est de Lille). Il devient en 1504, prévôt de l’église collégiale Notre-Dame, un centre musical qu’il dirige jusqu’à la fin de sa vie, le 27 août 1521. Sauf pour ses quinze dernières années, les dates importantes de la vie de Josquin ne sont pas établies avec précision.

De l’inconvénient d’être célèbre

Il était tellement admiré que beaucoup de compositions anonymes lui ont été attribuées par des copistes, probablement pour augmenter leurs ventes. Certaines de ces attributions erronées ont pu être révélées, sur la base de la comparaison avec les caractéristiques de son style et de son écriture, mais pour plusieurs le doute subsiste : on s’interroge encore sur ″Mille Regretz″.

Un éditeur de musique allemand contemporain a bien résumé la situation en écrivant : « Maintenant que Josquin est mort, il produit plus d’œuvres que lorsqu’il était vivant. »

Œuvre

Figure centrale de l’École Franco-Flamande, son œuvre a ébahi le monde jusqu’aux célèbres Palestrina ou Roland de Lassus, et tomba dans l’oubli pendant des siècles, jusqu’à ce que Burney et Fétis n’attirent l’attention sur ce musicien génial vers la fin du XVIIIe siècle.

Son style est varié et expressif. Comme tous les compositeurs de l’èpoque, il compose des chansons profanes (écouter Petite camusette) au caractère aimable. Mais son œuvre comporte aussi des pièces plus graves comme le Lamento sur la mort d’Ockeghem (écouter le début) et il écrit quantité de messes et de motets où il accorde une attention particulière à l’adéquation du texte et des motifs musicaux (écouter le début de son Miserere).

Ses premières œuvres rivalisent avec la complexité contrapuntique et ornementale de ses contemporains mais peu à peu, durant son séjour en Italie, il évoluera vers une polyphonie plus simple et plus verticale. Il illustre la tendance de l’époque, humaniste et respectueuse de l’individu (dont Rabelais puis Montaigne sont les exemples). Considéré de son vivant comme le plus grand compositeur de sa génération, Luther écrivit à son sujet : «Il maîtrisait les notes quand les notes maîtrisaient les autres».

Plus d’informations sur Wikipedia : Josquin Des Prés et École Franco-Flamande.

Ressources liées pour Josquin des Prés

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