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Kurt Weill : biographie

« Une musique pour tout le monde »


  • Nom Weill Prénom Kurt Nation Allemagne
  • Naissance 02/03/1900, à Dessau (Allemagne) Mort 03/04/1950, à New-York (États-Unis) Époque musicale Moderne

Enfance et formation

Kurt Weill naît le deux mars 1900 à Dessau (Allemagne) dans une famille juive. Encouragé par son père qui est cantor à la synagogue, il commence le piano à cinq ans. Ses premiers essais de composition datent de 1913. Il entre en 1918 à l’École supérieure de musique de Berlin et s’y révèle un élève brillant. Parallèlement, pour gagner sa vie, il se produit comme pianiste de cabaret et fait des arrangements de musiques scéniques. En 1919, il assure les fonctions de corépétiteur au théâtre de Dessau. Il se trouve ainsi directement en contact avec les milieux de la scène. C’est un des rares compositeurs à avoir consacré sa vie entière au théâtre musical.

Carrière en Europe

En 1920, il est engagé comme chef d’orchestre au théâtre de la ville de Ludenscheld. À partir de 1925, il travaille à ses premiers projets d’opéras avec des écrivains importants. Il collabore dès 1924 avec la soprano autrichienne Lotte Lenya, qui devient vite sa  muse et interprète privilégiée. Désormais inséparables, le duo se marie en 1926. Ils divorceront, puis se remarieront en 1937.

 En 1927, sa rencontre avec Bertolt Brecht est décisive. Ils partagent les mêmes conceptions pour un théâtre à la fois épique et réaliste, dégagé des boursouflures du drame et où la musique véhicule les idées principales. Leur première collaboration aboutit à L’Opéra de quat’sous (1928 : écouter la complainte de Mackie le surineur). À la même époque, il a adopté l’idéal communiste, ce qui a changé sa façon d’écrire : il oriente son style expressionniste d’avant-garde vers une musique faussement simpliste qui emprunte au jazz et au cabaret ; il souhaite créer une nouvelle forme d’opéra qui soit le miroir de son temps et se veut le « Giuseppe Verdi des pauvres ».

Mais il subit la censure des nazis, qui le considèrent comme « dégénéré » et brûlent ses partitions. Ses origines juives et ses sympathies pour le communisme le contraignent à fuir l’Allemagne en 1933. Il séjourne d’abord à Paris où il compose Les Sept Péchés capitaux (1933 : écouter le Prologue) sur un texte de Brecht. L’œuvre est représentée dans une atmosphère hostile.

Un climat détestable

Des journaux parisiens s’en prennent à Kurt Weill, notamment Lucien Rebatet qui, dans l’« Action française » du 2 décembre 1933, dénonce le « virus judéo-allemand » : « Neuf fois sur dix, le virtuose d’exportation, plaie de nos concerts par son astucieuse vulgarité, est un juif … L’exode des juifs d’Allemagne tournant à l’invasion, Paris est en train de devenir la capitale intellectuelle du "Peuple élu", semant autour de nous tous les germes de décadence qu’il porte depuis les Pharaons … »

Carrière aux États-Unis

Se sentant rejeté par la France, il part pour les États-Unis en 1935. Il adapte son style à son pays d’accueil et compose des comédies musicales qui obtiennent un grand succès à Broadway. En 1943, il obtiendra la nationalité américaine. Les œuvres les plus remarquables de la dernière période créatrice de Weill sont Street Scene (synthèse entre l’opéra européen et de la comédie musicale américaine) ainsi que de la « tragédie musicale » Lost in the Stars (1949 : écouter un extrait). Ces deux œuvres lui permettent de réaliser un rêve : inventer l’opéra américain.

Il meurt d’un infarctus le trois avril 1950 à New York, au cours du travail sur une comédie musicale à l’âge de 50 ans. Son style si particulier est ainsi résumé par Jean Wiener : « Ce qui est unique et remarquable dans la musique de Weill est qu’il a su écrire une musique pour tout le monde...mais comme ne fait pas tout le monde... »

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