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Benjamin Britten
Biographie

« Enfin un musicien anglais ! »


  • Nom Britten Prénom Benjamin Nation Angleterre
  • Naissance 22/11/1913, à Lowestoft (Angleterre) Mort04/12/1976, à Aldeburgh (Angleterre) Époque musicale Moderne

Pressé(e) ? Découvrez la biographie courte de Britten

Préambule

Contrairement à l’Italie, à l’Allemagne ou à la France, l’Angleterre n’a jamais possédé un style musical vraiment spécifique (existe-t-il une musique anglaise ?) ? Au début du XXe siècle, les efforts d’Edward Elgar, de Ralph Vaughan Williams ou de Gustav Holst pour trouver un accent typiquement anglais reste limité. Dans ce paysage assez peu contrasté, Britten apporte un souffle nouveau avec sa Simple Symphony (1934), œuvre néoclassique dont les thèmes ont des allures populaires (écouter le 1er mvt).

Il est donc le premier compositeur du XXe siècle typiquement anglais : son œuvre est imprégnée par le souvenir du folklore de son pays (comme celle de Béla Bartók), inspirée par la nature et la mer (chère à l’âme britannique), et sa musique vocale respecte le rythme et les inflexions de la langue anglaise. Voici ce qu’en écrit Xavier de Gaulle, biographe du compositeur : « Il y a, venue d’Allemagne une célèbre expression du XIXe siècle concernant l’Angleterre : "Das Land ohne Musik", le pays sans musique... Ce n’est pas vrai. Les habitués des concerts, [...] peuvent citer pas mal de noms d’importants compositeurs dont les plus connus sont [...] Edward Elgar, Gustav Holst, Ralph Vaughan Williams, Michael Tippett. Mais [...] si George Friedrich Haendel, allemand devenu anglais, peut être une personnalité pouvant rivaliser avec Johann Sebastian Bach, on ne voit pas en Angleterre de grandes figures du classicisme ou du romantisme. Britten se situe donc dans un mouvement de renaissance de la musique typiquement anglaise renouant directement avec le XVIIe siècle et Purcell. »

Enfance et formation

Benjamin Britten naît le 22 novembre 1913 à Lowestoft (Suffolk, Grande-Bretagne) ; c’est le jour de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens (heureux augure !). Il est poussé très tôt vers la musique par son père, dentiste mélomane, et sa mère, chanteuse amateur. En 1927 (il a treize ans), il prend des cours de composition avec Franck Bridge, qui aura sur lui une influence très marquée (cf. l’introduction musicale de cette biographie). De 1930 à 1934, il est inscrit au "College of Music" (Londres). Il y continue ses études musicales et commence à faire remarquer son talent.

De prétendues mauvaises fréquentations

Son opus 1, la Sinfonietta pour dix instruments, semble influencée par Arnold Schönberg dont il a réclamé en vain l’achat de la partition du Pierrot lunaire par son College. Ayant obtenu sa licence en 1932, il veut se rendre à Vienne pour étudier avec Alban Berg, mais la direction du College le déconseille à ses parents, en raison de l’influence prétendument néfaste de ce compositeur, jugé trop moderne. On ne saura jamais quelle fut la conséquence de la mise à l’écart de cette "mauvaise fréquentation" : aurait-il sans cela composé la Simple Symphony deux ans plus tard ?

Carrière

La guerre commence. Britten et quelques amis émigrent aux États-Unis. Parmi ses camarades, on compte notamment le jeune ténor Peter Pears (son compagnon et interprète favori) et le poète Wystan Hugh Auden. C’est en Amérique que Britten compose Paul Bunyan, sorte d’opérette-chorale écrite pour des étudiants (rechercher sur Youtube) Puis, vers 1942, il revient au Royaume-Uni où il bénéficie du statut d’objecteur de conscience pour ne pas être incorporé dans l’armée. Au cours de la traversée en bateau, il compose A Ceremony of Carols pour harpe et chœur d’enfants (écouter un extrait). écrit Peter Grimes son premier opéra (1944 : écouter le premier interlude), chef-d’œuvre qui relancera l’opéra anglais, statique depuis Henry Purcell. En 1946 il répond à une commande pour un documentaire éducatif ; il compose alors une de ses partitions les plus célèbres : The Young Person’s Guide to the Orchestra (ou Variations et Fugue sur un Thème de Purcell : lire une analyse).

Fervent défenseur de la musique anglaise, il crée en 1946 l’English Opera Group, dont l’objectif est la renaissance de l’opéra anglais. En 1948, il est avec Peter Pears à l’origine du festival d’Aldeburgh. En 1957, le compositeur emménage (toujours avec Pears) dans la célèbre "Red House" à Aldeburgh. Il termine en 1960 l’opéra A Midsummer Night’s Dream (Le Songe d’une nuit d’été : rechercher sur Youtube) : ce sera le dernier pour les dix ans suivants. En 1961, son War Requiem (Requiem de la guerre), œuvre d’une profonde humanité, remporte un immense succès (écouter le Dies irae) ; « j’espère que cela fera réfléchir un peu les gens » écrira-t-il à sa sœur.

À partir de 1969, Britten donne des tournées en Europe. Il les continuera jusqu’en 1971. Après ces concerts, Britten compose Death in Venise (après un voyage dans cette ville). Mais en 1973, il est opéré du cœur et reste affaibli. Au début de l’année 1976 la BBC diffuse une nouvelle version de la toute première œuvre scénique de Britten, sa comédie musicale Paul Bunyan. La légende raconte que le compositeur, débordé par l’émotion, éclata en sanglots devant son poste de radio.

Benjamin Britten s’éteint à Aldeburgh (ville désormais connue pour son festival Britten) en 1976, le 4 décembre. Il est le meilleur compositeur anglais de la seconde moitié du vingtième siècle, dans la lignée de Purcell.

Esthétique

Il n’est pas facile de caractériser l’œuvre de Britten. Elle ne peut être considérée comme révolutionnaire, mais elle est très personnelle, lyrique et profondément anglaise. Elle représente une avant-garde musicale modérée, parvenant à allier les nouveautés des avant-gardes continentales à une impression persistante de tonalité. Se tenant à distance de l’atonalisme caractéristique de l’époque, elle préfère se ressourcer aux musiques du Moyen Âge et du baroque élisabéthain. Elle consiste essentiellement en musique vocale (notamment pour chorales d’enfants). Elle donne une impression générale de modestie, délaissant par exemple le grand opéra traditionnel au profit d’un "opéra de chambre", préférant la sincérité de l’expression à la virtuosité et au grandiose. Bien qu’excellent pianiste, Britten ne laisse pas de musique pour piano seul et sa contribution à la musique de chambre est modeste.

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