Un jeu de pendu musical aux graphismes élaborés fait son apparition. Qu’on ne vienne pas dire que Symphozik ne fête pas le Printemps convenablement !
| * 1854 | • 1800 | • 1830 | • 1850 | • 1870 | • 1876 | • 1894 | • 1900 | • 1913 | • 1914 | • 1917 | • 1922 | • 1923 | † 1928 |
| Naissance 03/07/1854 | Mort 12/08/1928 | Nation République tchèque | Époque musicale Romantique |
Biographie standard Biographie courte |
Enfance
Né le 3 juillet 1854 à Hukvaldy (appartenant alors à l'Empire d'Autriche ; actuellement en République tchèque), Leoš Eugen Janáček est le fils d’un instituteur organiste, Jiří, et de sa femme Amálie, famille où naquirent 14 enfants et qui cultive une certaine tradition musicale. Encore jeune (nous sommes alors en 1865), il doit quitter son village natal pour Brno. C'est là-bas, plus précisément à l'Abbaye Saint-Thomas qu'on lui dispense son éducation. Il y rencontre le moine Pavel Křížkovský (un ancien élève de Jiří), dont le patriotisme vigoureux (notamment contre la domination germanique dans ces régions) se retrouvera plus tard chez son élève. Ce dernier est nourri et blanchi en échange de sa participation à la maîtrise, où il se fera d'ailleurs remarquer. Ses premières compositions, pour chœur, voient le jour entre 1873 et 1876.
Pourtant, ce n'est pas vers la composition que s'oriente tout d'abord le jeune Janáček, que son père, décédé en 1866, souhaitait voir devenir instituteur. Déjà à Hukvaldy, il était capable d'interpréter des sonates de Ludwig van Beethoven. Grâce à Křížkovský, l'orgue et le piano n'ont bientôt plus de secrets pour lui. Ainsi, il semblerait que la vocation musicale de Janáček ait tout d'abord consisté en une carrière de pianiste ou d'organiste. Il intègrera d'ailleurs brièvement l'école d'orgue de Prague (où il fait la connaissance d'Antonin Dvorak, qu'il admire) en 1874, mais s'en fit rapidement renvoyer pour avoir osé faire publier dans un journal une critique peu flatteuse d'un concert donné par...son propre professeur, František Zdeněk Skuherský (ce dernier, peu rancunier, le réintégrera rapidement à ses effectifs) !
Vie et carrière
Dès 1876, Janáček, malgré son diplôme d'instituteur en poche, dirige les chœurs de la Société philharmonique Beseda brněnská et de l'Abbaye Saint-Thomas, tout en enseignant la musique à Brno. L'une de ses élèves, Zdenka Schulzová, n'est autre que la fille du directeur de l'institut de formation des professeurs, et il l'épouse le 13 juillet 1881 (la fille, pas le directeur). Le mariage ne sera pas des plus heureux. Après de courtes périodes aux conservatoires de Leipzig (octobre 1879-février 1880), où il compose notamment Thema con variazioni (ou "variations Zdenka"), et de Vienne (avril-juin 1880), où il est souvent en désaccord ou en conflit avec ses professeurs (exemples : il s'oppose au néo-romantisme de Franz Krenn, voit sa technique pianistique critiquée par Joseph Dach ou une sonate pour violon jugée trop académique par un jury,...), il devient instituteur titulaire ou, plus précisément, Kantor : il dispense certes un enseignement général mais également un enseignement musical de base.
Très impliqué dans la vie culturelle de Brno, dans laquelle il exerce une grande influence nationaliste (et pas seulement en musique, puisqu'il sera notamment membre du Club de lecture tchèque ou qu'il fondera un Cercle russe après un séjour à Saint-Pétersbourg), Janáček y crée une école d'orgue (rebaptisée conservatoire de Brno en 1918) qu'il dirigera de ses débuts en 1881 à 1919, en plus de ses activités d'enseignement et de direction d'orchestre. Il se lie d’amitié avec Dvorak, avec qui il partage des origines paysannes et un penchant slaviste, et auquel il dédie Quatre choeurs pour voix d’hommes en 1885. C'est d'ailleurs à partir de ces années qu'il commence à composer plus régulièrement : ses premiers opéras Šárka (1888) et Début d’une Romance (1891), Danses valaques (1888-1890) ou encore un ballet, Rákós Rákóczy (1890).
C'est à la fin du siècle que le compositeur écrit son troisième opéra, Jenůfa. Malheureusement, la composition de celui-ci est tragiquement, quoique brièvement, interrompue par la mort d'Olga, fille de Leoš, à peine âgée de 20 ans, en l'honneur de laquelle il composa une Élégie en plus de lui dédier Jenůfa. Cette disparition peine bien évidemment très fortement le couple Janáček, d'autant que son fils Vladimir était lui-même décédé en jeune âge. Magré tout, la première de ce nouvel opéra a lieu à Brno le 21 janvier 1904, et une nouvelle interprétation (après réorchestration de l'œuvre par Karel Kovařovic, le directeur de l'Opéra de Prague) en sera donnée en 1916 à Prague : ce sera un succès.
Comme Béla Bartók, Leoš Janáček s’intéresse également au folklore de son pays au point d'en parcourir les campagnes en quête de chants ou de danses populaires moraves qu'il arrange parfois pour orchestre ou piano. Il publie des études sur ce sujet (son opéra Šárka réutilisera ses acquis ainsi que sa vision de la musique du langage parlé) ainsi que des ouvrages théoriques sur la musique (“La disposition et l’enchaînement des accords" en 1897, "Théorie intégrale de l’harmonie", 1912).
Avec le triomphe à Prague de Jenufa, la renommée de Janáček, qui est tout de même âgé de plus de 60 ans, dépasse enfin le cadre régional. C'est le début d'une très féconde période créatrice, puisqu'il compose dès lors pour tous les genres : un cycle vocal avec Le Carnet d’un disparu (1919), un poème symphonique avec la Ballade de Blanik (1920), l’opéra avec Katia Kabanova (1921), le Quatuor à cordes n. 1 (1923), le Concertino (1925), la Sinfonietta (1926) et enfin son Quatuor à cordes n. 2 "lettres intimes" (1928)...
Janáček meurt le 12 août 1928 d’une pneumonie, à l’hôpital d’Ostrava. Âgé de 74 ans, alors qu'il vient d'achever son dernier opéra au titre prémonitoire, Z mrtvého domu (De la maison des morts), il n'en est pas moins "en pleine jeunesse". Son patriotisme immodéré se sera traduit aussi bien dans sa vie que dans son œuvre. Par exemple, lors de la première guerre mondiale, on le soupçonne de velléités traîtresses à l'encontre de l'Empire. Et pour l'anecdote, bien que germanophone, il fera mine à partir d'une certaine date de ne plus comprendre la langue de sa belle-famille allemande et se servira dès lors de son beau-père comme interprète.
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