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Musique classique : les compositeurs sortent de l’ombre sur Symphozik

Actualité du site - 30 décembre 2011

Il aura fallu un décès pour nous motiver à conclure 2011 sur une mise à jour digne de ce nom, après quelques mois de latence : remercions donc Kim Jong-il pour son aura positive sur Symphozik. Et last but not least, nous avons achevé la nouvelle biographie de Gustav Mahler, qui n’a rien à envier en longueur à une symphonie du maître.

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Symphonies 7, 8, 9"Nouveau monde"
Danses slaves 6 et 8 op 46
Concerto pour violoncelle
À découvrirRusalka
Requiem
Stabat mater
Concerto pour piano
Concerto pour violon
Références • Éric Baude, Alain Chotil-Fani : Antonin Dvorak, un musicien par-delà les frontières (Buchet Chastel, 2007)

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Antonin Dvorak : biographie

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1841

1800

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1894

1900

1904
Naissance 08/09/1841 Mort 01/05/1904 Nation République tchèque Époque musicale Romantique

Biographie

Antonin Dvorak est né le 8 septembre 1841 à Nelahozeves, petit village tchèque sur la Vlatva et proche de Prague. Son père, Frantisek Dvorak, est l’aubergiste et le boucher de ce village. Il dirige son commerce avec beaucoup de sérieux et consacre ses moments libres à la musique. Antonin est le premier enfant de la famille Dvorak. Dès l’âge de cinq ans, Dvorak joue du violon à l’auberge familiale puis fait partie de l’orchestre du village. Il est ensuite envoyé chez son oncle à Zlonice pour y apprendre l’allemand, langue indispensable sous le joug autrichien pour espérer s’élever dans la société. L’instituteur du village, homme intraitable, est un musicien passionné et enseigne l’orgue, le piano et l’alto à son élève.

Il lui enseigne également l’harmonie et le contrepoint. Dvorak s’essaye rapidement à la composition. Sa première œuvre est une polka. Cependant, malgré ces prédispotitions, il lui faudra une bonne dizaine d’années pour maîtriser la composition. Ses parents viennent s’installer à Zlonice à leur tour. Ses études musicales seront retardées jusqu’à 1856. Antonin Liehmann, l’instituteur de Zlonice, persuade l’oncle de Dvorak de l’envoyer étudier à l’école d’organiste de Prague. À l’automne 1857, il est inscrit à l’école d’orgue de Prague. Il y acquiert les rudiments de la musique classique, Wolfgang Mozart et Ludwig van Beethoven en particulier, mais ne s’y plait guère en raison de l’antipathie de son directeur, Josef Krejci.

Dès 1859, Dvorak obtient une place d’altiste chez Karel Komzak, un compositeur. Dvorak découvre la musique de Richard Wagner et s’en passionne. Parallèlemment, le futur grand compositeur doit, pour renflouer ses maigres finances, donner des cours. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance de Anna Cermakova, qu’il épousera le 17 novembre 1873. Leur union sera longue et heureuse, mais endeuillée par les décès successifs de trois enfants entre 1875 et 1877. Dvorak puisera cependant dans son chagrin le splendide Stabat Mater qui le rend célèbre dans toute l’Europe. Eduard Hanslick, célèbre critique musical, lui propose de s’installer à Vienne mais Dvorak refuse.

Russie et États-Unis

Organisée par Piotr Illitch Tchaïkovski, la tournée en Russie du compositeur tchèque est un triomphe. Il ne refusera cependant pas une offre du Conservatoire de New-York, qui lui propose la direction de l’orchestre. Le salaire est en effet très intéressant, tout comme le projet. Dvorak, qui enseignait alors au Conservatoire de Prague (avec parmi ses élèves Vítězslav Novák), part donc en 1892, excelle comme chef d’orchestre et compositeur : c’est là que sa célèbre Symphonie du nouveau monde (n. 9) verra le jour. Dvorak fut très charmé par les états-Unis (il y composera le quatuor Américain, qui conserve cependant beaucoup du folklore slave). Vers la fin de sa vie, Dvorak se consacre essentiellement à l’opéra : Le Diable et Catherine, Armide et Russalka. D’essence tchèque, ils couronneront son œuvre malgré l’échec d’Armide, son dernier opéra.

Dvorak meurt brutalement à Prague le premier mai 1904, suite à une congestion cérébrale. Il est enterré comme Bedrich Smetana au cimetière de Vysehrad où il repose désormais près de la Moldau. Sa fille Otylka, épouse de Josef Suk, meurt l’année suivante.

Son œuvre, très souvent marquée par la musique populaire tchèque, est abondante et variée. Ses neuf symphonies, dont la dernière, dite Symphonie du Nouveau Monde (1893), sont remarquables. Les plus jouées sont les symphonies 5, 6, 7, 8 et 9. À noter également les très beaux Concerto pour piano en sol mineur (1876), le Concerto pour violon en la mineur (1880) et surtout le Concerto pour violoncelle en si mineur (1895) qui fera l’admiration de Johannes Brahms.

La musique de chambre occupe une place centrale dans son œuvre et comprend des trios avec piano, des quatuors à cordes (Quatuor américain, 1893), un quintette avec piano, etc. On lui doit aussi des œuvres vocales, profanes et religieuses (Stabat Mater, 1877 ; Requiem, 1890 ; Te Deum, 1892), des opéras (dont Russalka en 1901), des ouvertures, des poèmes symphoniques (dont le Rouet d’or, 1896, et la Palombe, 1896), et les très célèbres Danses slaves (1878 et 1887).

Commentaires des internautes

Anonyme, le 05/10/2011 à 13:02
maman est pas là
Anonyme, le 27/12/2011 à 19:03
Bonsoir,

merci pour cet article, je me permets d’indiquer que Dvorak n’a certainement jamais appris le métier de boucher. C’est une légende biographique assez ancienne qui a été réfutée dans les années 1990 par Jarmil Burghauser. Le diplôme de boucher montré dans certains ouvrages est en réalité un faux grossier.

Cordialement à vous
Alain Chotil-Fani
http://musicabohemica.blogspot.com/2007/10/dvorak.html
Symphozik, le 27/12/2011 à 19:07:48
Bonsoir,
C’est corrigé, merci. Mais je n’ai pas trouvé l’information à l’adresse que vous fournissez ?
Cordialement,
Jean-Baptiste
Anonyme, le 27/12/2011 à 20:50:59
Bonsoir,

merci de la correction. J’avais mis la source de l’info dans mon bouquin sur Dvorak, je vais remettre la main dessus pour donner une source fiable. Je précise que le jeune homme a aidé son père dans le commerce familial mais qu’il n’a sans doute pas commencé l’apprentissage officiel, c’est pourquoi certains ont cru bon de fabriquer le faux diplôme !

cordialement
Alain CF
Anonyme, le 28/12/2011 à 20:37:02
Bonsoir,

Voici la source de l’information :
livre "Dvorak and his world", article "A biographical sketch", note n° 1 de Jarmil Burghauser (p. 226). Livre édité par Michael Beckerman, Princeton University Press, 1993.

Je reprends l’info en français dans le livre que j’ai co-écrit avec Eric Baude "Antonin Dvorak, un musicien par-delà les frontières" (Buchet Chastel, 2007).

Cordialement à vous
Alain Chotil-Fani
Symphozik, le 28/12/2011 à 20:57:07
Encore merci à vous !
Cordialement,
Jean-Baptiste

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