Il aura fallu un décès pour nous motiver à conclure 2011 sur une mise à jour digne de ce nom, après quelques mois de latence : remercions donc Kim Jong-il pour son aura positive sur Symphozik. Et last but not least, nous avons achevé la nouvelle biographie de Gustav Mahler, qui n’a rien à envier en longueur à une symphonie du maître.
| * 1841 | • 1800 | • 1830 | • 1850 | • 1870 | • 1876 | • 1894 | • 1900 | † 1904 |
| Naissance 08/09/1841 | Mort 01/05/1904 | Nation République tchèque | Époque musicale Romantique |
Antonin Dvorak est né le 8 septembre 1841 à Nelahozeves, petit village tchèque sur la Vlatva et proche de Prague. Son père, Frantisek Dvorak, est l’aubergiste et le boucher de ce village. Il dirige son commerce avec beaucoup de sérieux et consacre ses moments libres à la musique. Antonin est le premier enfant de la famille Dvorak. Dès l’âge de cinq ans, Dvorak joue du violon à l’auberge familiale puis fait partie de l’orchestre du village. Il est ensuite envoyé chez son oncle à Zlonice pour y apprendre l’allemand, langue indispensable sous le joug autrichien pour espérer s’élever dans la société. L’instituteur du village, homme intraitable, est un musicien passionné et enseigne l’orgue, le piano et l’alto à son élève.
Il lui enseigne également l’harmonie et le contrepoint. Dvorak s’essaye rapidement à la composition. Sa première œuvre est une polka. Cependant, malgré ces prédispotitions, il lui faudra une bonne dizaine d’années pour maîtriser la composition. Ses parents viennent s’installer à Zlonice à leur tour. Ses études musicales seront retardées jusqu’à 1856. Antonin Liehmann, l’instituteur de Zlonice, persuade l’oncle de Dvorak de l’envoyer étudier à l’école d’organiste de Prague. À l’automne 1857, il est inscrit à l’école d’orgue de Prague. Il y acquiert les rudiments de la musique classique, Wolfgang Mozart et Ludwig van Beethoven en particulier, mais ne s’y plait guère en raison de l’antipathie de son directeur, Josef Krejci.
Dès 1859, Dvorak obtient une place d’altiste chez Karel Komzak, un compositeur. Dvorak découvre la musique de Richard Wagner et s’en passionne. Parallèlemment, le futur grand compositeur doit, pour renflouer ses maigres finances, donner des cours. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance de Anna Cermakova, qu’il épousera le 17 novembre 1873. Leur union sera longue et heureuse, mais endeuillée par les décès successifs de trois enfants entre 1875 et 1877. Dvorak puisera cependant dans son chagrin le splendide Stabat Mater qui le rend célèbre dans toute l’Europe. Eduard Hanslick, célèbre critique musical, lui propose de s’installer à Vienne mais Dvorak refuse.
Organisée par Piotr Illitch Tchaïkovski, la tournée en Russie du compositeur tchèque est un triomphe. Il ne refusera cependant pas une offre du Conservatoire de New-York, qui lui propose la direction de l’orchestre. Le salaire est en effet très intéressant, tout comme le projet. Dvorak, qui enseignait alors au Conservatoire de Prague (avec parmi ses élèves Vítězslav Novák), part donc en 1892, excelle comme chef d’orchestre et compositeur : c’est là que sa célèbre Symphonie du nouveau monde (n. 9) verra le jour. Dvorak fut très charmé par les états-Unis (il y composera le quatuor Américain, qui conserve cependant beaucoup du folklore slave). Vers la fin de sa vie, Dvorak se consacre essentiellement à l’opéra : Le Diable et Catherine, Armide et Russalka. D’essence tchèque, ils couronneront son œuvre malgré l’échec d’Armide, son dernier opéra.
Dvorak meurt brutalement à Prague le premier mai 1904, suite à une congestion cérébrale. Il est enterré comme Bedrich Smetana au cimetière de Vysehrad où il repose désormais près de la Moldau. Sa fille Otylka, épouse de Josef Suk, meurt l’année suivante.
Son œuvre, très souvent marquée par la musique populaire tchèque, est abondante et variée. Ses neuf symphonies, dont la dernière, dite Symphonie du Nouveau Monde (1893), sont remarquables. Les plus jouées sont les symphonies 5, 6, 7, 8 et 9. À noter également les très beaux Concerto pour piano en sol mineur (1876), le Concerto pour violon en la mineur (1880) et surtout le Concerto pour violoncelle en si mineur (1895) qui fera l’admiration de Johannes Brahms.
La musique de chambre occupe une place centrale dans son œuvre et comprend des trios avec piano, des quatuors à cordes (Quatuor américain, 1893), un quintette avec piano, etc. On lui doit aussi des œuvres vocales, profanes et religieuses (Stabat Mater, 1877 ; Requiem, 1890 ; Te Deum, 1892), des opéras (dont Russalka en 1901), des ouvertures, des poèmes symphoniques (dont le Rouet d’or, 1896, et la Palombe, 1896), et les très célèbres Danses slaves (1878 et 1887).