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Notre dossier sur l’hymne national allemand, parfois appelé Deutschlandlied (chant d’Allemagne) ou Das Lied der Deutschen (le chant des Allemands) en rapport avec l’œuvre dont il est tiré.
En 1797, à l’époque des guerres napoléoniennes, Joseph Haydn compose, sur une mélodie du folklore croate, un hymne destiné à l’empereur François 1er d’Autriche (1768-1835). Le musicien avait en effet été marqué, lors d’un voyage, par le fameux “God save the King”, qui permettait à une nation entière de se regrouper avec ferveur et dévotion derrière un seul et unique hymne. Le poème qui forme les paroles de cet hymne impérial autrichien a été écrit par l’écrivain viennois Lorenz Leopold Haschka (1749-1827). Le thème, repris la même année dans le second mouvement du Kaiserquartetts (quatuor à cordes no. 62 en do Majeur, op. 76, no. 3), est donc présent dans au moins deux hymnes et une œuvre instrumentale. Ci-dessous, les paroles originales de Haschka et leur traduction.
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Gott erhalte, Gott beschütze |
Dieu conserve, Dieu protège Notre Empereur, notre pays ! Puissant par son appui sur la foi Il nous mène à la main ferme Protègerons-nous la couronne de ses pères Contre tout ennemi, Unie avec le trône de la maison d’Habsbourg reste Très closement la fortune de l’Autriche. |
Au XIXème siècle, le 26 août 1841 précisément, un certain August Heinrich Hoffmann von Fallersleben (1798-1874) écrit trois couplets dans le but d’inciter les nombreux souverains de Prusse à s’unifier pour créer une Allemagne unie et forte. La Prusse était en effet composée à l’époque de nombreux petits royaumes en concurrence. Le troisième couplet est l’illustration parfaite de cette volonté d’unification. Il fut d’ailleurs choisi comme hymne national de l’Allemagne après la réunification de la R.F.A. et de la R.D.A. : en effet, même si le Président Theodor Heuss en souhaitait un nouveau, la volonté du Chancelier Konrad Adenauer fut la plus forte. Ci-dessous, le texte du troisième couplet en VOSTFR :)
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Einigkeit und Recht und Freiheit |
Unité et Justice et Liberté pour la Patrie Allemande. Tendons tous vers cela, fraternellement, avec le cœur et la main (ouverts). Unité et Justice et Liberté sont les fondements du bonheur. Fleuris dans l’éclat de ce bonheur, Fleuris, Patrie Allemande ! |
Les deux premiers couplets du Deutschlandlied, qui n’ont pas été publiés ici pour des raisons de clarté, n’ont pas été retenus dans l’hymne actuel pour une raison qui remonte aux heures sombres du IIIe Reich (1933-1945). À l’époque, la plupart des discours d’Adolf Hitler (1889-1945), chancelier de l’Allemagne nazie, s’achevaient par le slogan “Deutschland über alles“ (que l’on retrouve précisément dans le premier couplet). On sait que l’idéologie nazie s’est souvent inspirée d’œuvres philosophiques (on pense notamment à la récupération de la notion de “surhomme” chez Friedrich Nietzsche). C’est pourquoi le sens premier de ces couplets, loin de rappeler le message originel, a acquis une connotation très négative. Tout comme les idées de philosophes allemands, la rime du malheureux Fallersleben fut pervertie par les nazis qui confortèrent leur idée d’une domination du monde par l’Allemagne.
Pour vous remercier de m’avoir lu jusqu’au bout, voici de quoi écouter ce bel hymne :
