« Musique classique : les compositeurs sortent de l’ombre »
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Brahms - la contemplation romantique

Ludwig, le 00/00/0000

Johannes Brahms est le compositeur méditatif par excellence. En premier lieu, on retrouve dans sa musique une sorte de brume mêlée à une lumière diffuse enivrante. Le maître nous fait parfois entrer dans une profonde forêt avec ses chants d’oiseaux, ses résonances mystérieuses, son atmosphère inquiétante et envoûtante. Parfois, l’aspect joyeux et pastoral l’emporte avec des œuvres pleines de gaieté et de sautillements. Cependant la profondeur des paysages allemands marque sa musique, on retrouve les collines, la brume, et les sombres forêts ou marécages. En cela, Brahms s’inscrit dans la tradition romantique car la nature l’inspire et le transporte.

Brahms est pour moi le maître de la tension mélancolique. La mélancolie romantique est une sorte de réponse à la solitude de Brahms (sa devise : “seul mais libre“). Cette mélancolie submerge l’homme telle une marée. Cette marée mélancolique qui ne cesse de monter et de descendre finit par emporter le compositeur sur des rivages lointains à la fois sublimes et inquiétants. En effet, cela peu conduire à la folie car le moi se dédouble et finit rongé par la mélancolie et sa sensibilité incontrôlable : c’est le destin de Robert Schumann. Le personnage terrestre est complètement emporté au large et seul demeure le personnage mélancolique. Cette mélancolie destructrice semble contenue dans le premier mouvement du concerto pour violon. Chez Brahms, cette forme de mélancolie se retrouve mélangée avec la mélancolie contemplative. Cette mélancolie vient d’un état de méditation et de vacuité provoqué par les promenades enchanteresses de Brahms dans les forêts d’Allemagne du Nord. Elle est moins puissante au niveau de l’esprit mais beaucoup plus enivrante au niveau des sens. Elle laisse les sens libres de toute stimulation et les ouvre à la volupté artistique.

Il y a aussi chez Brahms une chaleur romantique, une flamme très humaine qui berce les sens et l’esprit. Je pense à ses intermezzos pour piano par exemple. En effet, ces œuvres courtes sont profondément touchantes et emmènent l’auditeur et le pianiste dans un formidable voyage intérieur éclairé par la chaude lumière romantique de Brahms.

Au niveau de la tension dramatique celle-ci est soit d’une violence faisant planer le spectre de la mort ou beaucoup plus diffuse. La première forme de tension dramatique est celle du premier concerto pour piano. En effet il s’agit d’un véritable mausolée musical pour la mort de Schumann où Brahms mélange un premier thème brutal et tragique exposant l’unique fatalité : la mort, et un deuxième thème mélancolique montrant la terrible solitude que cette mort lui impose. La deuxième forme est celle du quintette opus 34 où des pics dramatiques vaporisent une humeur sublimement tragique et la diffusent dans tout le premier mouvement. Cependant, Brahms étant le plus grand maître romantique de la thématique et de l’harmonie, il s’emploie à contraster des thèmes ombrageux et lumineux. Ce jeu de contraste renforce la puissance des codas et donne au final une explosion dramatique insoutenable pour les sens humains.

Enfin Brahms est un poète modulant sur la force qu’est l’amour et les mystères de l’Humain. Les chants d’amour Brahmsien touchent et déchirent le cœur humain. En effet, Brahms ne se contente pas d’un thème amoureux et passionné : il fera en sorte qu’un instrument chante la détresse (par la dramaturgie) et le bonheur (par l’harmonie), l’obsession (par le thème) et la volupté (par la mélodie). La force et la difficulté des sentiments humains est traduite par des œuvres riches et très denses mêlant des harmonies très complexes.

Dossier rédigé par ludwig

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Commentaires des internautes

azerty, le 25/07/2013 à 17h12
Dommage que cette approche très subjective (et donc discutable) de la musique de Brahms ne soit pas signée. En effet, votre texte relève plus de l’opinion que de l’analyse. Par exemple : “on retrouve dans sa musique une sorte de brume mêlée à une lumière diffuse enivrante“. Reconnaissez que ce genre d’image est osé. D’autant que Brahms était au contraire un défenseur de la “musique pure“, attachée à la tradition.

Son but était de créer de la musique durable (“dauerhafte Musik“), qui s’enracine dans le passé (il étudie les partitions de Bach, Lassus, Palestrina) et laisse une impression d’équilibre et de solidité. Certes il sacrifie parfois à la forme libre (ballade, rhapsodie, fantaisie...), mais sans jamais sacrifier la rigueur de la construction et la solidité des fondations harmoniques. Et le plus souvent, il préfère les formes classiques : 4 symphonies, 2 concertos pour piano, 1 pour violon, sonates, quatuors...

En fait, Brahms apparaît comme un pont entre les maîtres du passé et l’avant-garde atonaliste. Schœnberg a même orchestré le Quatuor avec piano n°1 op. 25. Et Webern dit du “Chant des Parques“ op. 69 : “Ce qu’on trouve là en fait de cadences, et à quel point ses remarquables harmonies nous éloignent de la tonalité, est stupéfiant.“

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