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Les compositeurs sortent de l’ombre sur Symphozik
Actualité du site - 05 septembre 2010 Le grand retour de celles que vous attendiez tous : les danseuses du crazy h...euh ! les énigmes musicales, évidemment : lancement en fanfare de la saison 2. La section Bac 2011 est inaugurée par la biographie de Marc-André Dalbavie et par l’analyse de Gute Nacht de Schubert. Et pour ne rien gâcher à cette merveilleuse journée, une nouvelle blague sur les altistes !
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Beethoven - L’Ode à la joie

Qui ne connait pas le thème de l’Ode à la joie, probablement le thème le plus célèbre de la neuvième symphonie (opus 125) de Ludwig van Beethoven ? Composée alors que ce dernier est sourd depuis des années, cette nouvelle œuvre fera un triomphe lors de sa première représentation à Vienne le 7 mai 1824. Le compositeur peut enfin libérer toute la force d’une mélodie qui l’obsède depuis des années.

Le thème principal du quatrième mouvement de cette dernière et longue symphonie (elle dure plus d’une heure) est inspiré de celui de la Fantaisie pour chœur, piano et orchestre (opus 80), dédiée à l’origine à Maximilien-Joseph de Bavière (1756-1825). La mélodie du 4e mouvement, en ré majeur, est assez simple, agréable et très facile à retenir. De plus, elle fait appel à un chœur, ce qui est une première (et une dernière) pour une symphonie de Beethoven, ce qui en a probablement fait sa renommée à travers le monde et particulièrement en Europe.

L’histoire de l’Ode à la joie ne s’arrête cependant pas au XVIIIème siècle : ce thème a été repris comme hymne de l’Union Européenne le 19 janvier 1972. En effet, le poème de l’écrivain allemand Friedrich von Schiller (1759-1805), qui fut mis en musique par Beethoven (avec quelques ajouts et arrangements de l’original), appelle à la fraternité, à l’égalité et à l’harmonie entre les Hommes de toutes les nations, ce qui, en plus de correspondre aux idéaux de Beethoven, fervent admirateur de la Révolution française de 1789, concorde avec ceux de l’Europe. Cependant, les paroles ne furent pas conservées (l’hymne européen n’est qu’instrumental). L’interprétation officielle (d’une durée de 2 minutes) fut confiée au chef d’orchestre autrichien Herbert von Karayan (1908-1989), qui procéda à quelques arrangements : pour piano, pour instruments à vents et pour orchestre symphonique.

Quand Schiller écrit “Les mendiants seront frères avec les princes“, Beethoven généralise la chose avec “Tous les hommes deviennent frères“. Sans vouloir faire un commentaire littéraire sur le texte de l’Ode, on remarque que le champ lexical prépondérant est celui du bonheur : “cri joyeux“, “chants de fêtes“, “partage son allégresse“, “joyeux, comme un héros vers la victoire“, mais bien d’autres exemples sont encore présents. Une vision un peu utopiste d’un monde meilleur est ainsi mise en poésie, et le vers “Souffrez pour un monde meilleur !“ devait bien correspondre au tempérament révolutionnaire du compositeur.

Paroles en Allemand Traduction française

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt;
Alle Menschen werden Brüder,
Wo dein sanfter Flügel weilt.

Wem der grosse Wurf gelungen,
Eines Freundes Freund zu sein;
Wer ein holdes Weib errungen,
Mische seinen Jubel ein!
Ja, wer auch nur eine Seele
Sein nennt auf dem Erdenrund!
Und wer’s nie gekonnt, der stehle
Weinend sich aus diesem Bund!
Freude trinken alle Wesen
An den Brüsten der Natur;
Alle Guten, alle Bösen
Folgen ihrer Rosenspur.
Küsse gab sie uns und Reben,
Einen Freund, geprüft im Tod;
Wollust ward dem Wurm gegeben,
und der Cherub steht vor Gott.
Froh,
wie seine Sonnen fliegen
Durch des Himmels prächt’gen Plan,
Laufet, Brüder, eure Bahn,
Freudig, wie ein Held zum Siegen.
Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuss der ganzen Welt!
Brüder, über’m Sternenzelt
Muss ein lieber Vater wohnen.
Ihr stürzt nieder, Millionen?
Ahnest du den Schöpfer, Welt?
Such’ ihn über’m Sternenzelt!
Über Sternen muss er wohnen 

 

Joie ! Joie ! Belle étincelle divine,
Fille de l’Elysée,
Nous entrons l’âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Ton magique attrait resserre
Ce que la mode en vain détruit ;
Tous les hommes deviennent frères
Où ton aile nous conduit.

Si le sort comblant ton âme,
D’un ami t’a fait l’ami,
Si tu as conquis l’amour d’une noble femme,
Mêle ton exultation à la nôtre!
Viens, même si tu n’aimas qu’une heure
Qu’un seul être sous les cieux !
Mais vous que nul amour n’effleure,
En pleurant, quittez ce chœur !
Tous les êtres boivent la joie,
En pressant le sein de la nature
Tous, bons et méchants,
Suivent les roses sur ses traces,
Elle nous donne baisers et vendanges,
Et nous offre l’ami à l’épreuve de la mort,
L’ivresse s’empare du vermisseau,
Et le chérubin apparaît devant Dieu.
Heureux,
tels les soleils qui volent
Dans le plan resplendissant des cieux,
Parcourez, frères, votre course,
Joyeux comme un héros volant à la victoire!
Qu’ils s’enlacent tous les êtres !
Ce baiser au monde entier !
Frères, au-dessus de la tente céleste
Doit régner un tendre père.
Vous prosternez-vous millions d’êtres ?
Pressens-tu ce créateur, Monde ?
Cherche-le au-dessus de la tente céleste,
Au-delà des étoiles il demeure nécessairement.



Par Jean-Baptiste
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