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Albinoni - L’Adagio

Jean-Baptiste, le 03/01/2013

L’Adagio dit de Tomaso Albinoni, ou de son nom véritable l’Adagio pour orchestre à cordes et orgue en sol mineur, est une œuvre exceptionnelle en ce qu’elle est l’une des plus enregistrées de l’histoire de la musique, et probablement la plus connue du grand public en ce qui concerne la musique baroque. Son auteur est-il aussi connu du grand public ? J’en doute fort. Car si le nom d’Albinoni reste, et restera vraisemblablement encore longtemps, attaché à ce morceau, peu de gens en connaissent le véritable compositeur et les raisons de ce détournement.

Rappel : quelques mots sur Tomaso Albinoni

Tomaso Albinoni (1671-1751) est un compositeur italien qui a composé plus de 80 opéras et qui a, de son vivant, connu une renommée certaine : même Johann Sebastian Bach puisera deux ou trois thèmes dans son œuvre. Cependant, jusqu’aux années 1960 environ, son nom n’est plus connu que des musicologues (et encore). Mais c’était sans compter Remo Giazotto.


Remo Giazotto

Giazotto est un musicologue, critique musical et compositeur italien né le 4 septembre 1910 à Rome et mort le 26 août 1998 à Pise. Il apprend le piano et la composition au conservatoire de Milan, et étudie la littérature et la philosophie à l’université de Gênes. Quand il découvre l’existence de Tomaso Albinoni, à la fin des années 1930, il décide de s’atteler à la rédaction du catalogue des œuvres de ce compositeur oublié et entreprend de le ressusciter (dans les mémoires, s’entend).

L’œuvre de Giazotto

Déterminé à mener à bien son projet de catalogue, le musicologue se rend dès la fin de la seconde guerre mondiale à Dresde, en Allemagne, dont la Bibliothèque devait abriter une grande partie des œuvres d’Albinoni. Malheureusement, les bombardements intensifs ont en partie eu raison du bâtiment et des partitions tant convoitées.

Mais Giazotto n’a pas dit son dernier mot. Tout comme Gepetto et son morceau de bois, il va à son tour donner vie à un fragment de partition qu’il aurait retrouvé à Dresde (oui, le conditionnel est désormais de mise). Sur ce qu’il reste du fragment, il compose l’œuvre qui restera dans les mémoires comme l’adagio d’Albinoni. Dans sa première publication, datée de 1958, cet Adagio in sol minore per archi e organo di R. Giazotto su due spunti tematici e su un basso numerato di T. Albinoni est présenté comme composé à partir d’une basse chiffrée et quelques mesures d’un mouvement lent d’une pièce orchestrale retrouvées par Giazotto.

Mais du fragment, aucune trace. Ainsi, connaître le fin mot de l’histoire, et notamment l’apport réel d’Albinoni dans la composition de cette œuvre, semble d’autant plus ardu que le témoin et acteur principal de cette énigme est décédé en 1998. Mais est-ce vraiment l’essentiel ? L’objectif de Giazotto fut de faire connaître son protégé Albinoni, et mourir dans l’indifférence du même public qui acclame encore son œuvre en était probablement le prix à payer.

Et à propos de prix à payer, concluons sur une autre particularité de cette œuvre "baroque" : elle ne sera pas dans le domaine public avant…2048 au moins, son véritable auteur n’étant décédé qu’en 1998 ! Mais bon, j’ose compter sur le droit de citation pour vous en présenter un extrait ci-dessous, mon remerciement pour m’avoir lu jusqu’au bout ;-)

Écouter l’Adagio

Voir aussi : un très bel article d’Alain Duault paru dans Le Figaro sur l’adagio d’Albinoni (voilà qui change des faits divers et des articles écrits à la va-vite par nos amis journalistes).

Ressources liées

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Domenico Scarlatti est un claveciniste virtuose : à Rome, pendant une joute musicale, il sera jugé supérieur à Georg Friedrich Haendel dans cet instrument, tandis que Haendel égalisera à l’orgue. Les relations entre les deux musiciens restèrent au beau fixe.

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