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Curiosités théoriques

azerty, le 15/10/2013

Qu’est-ce qu’un « loup » ?

"L’homme est un loup pour l’homme", mais, au sens figuré, un « loup » peut lui aussi être un grand méchant loup pour le musicien puisqu’il s’agit d’une perturbation d’un ordre établi.

Par exemple, sur une corde de violon, un défaut de fabrication qui engendre des sons parasites. Mais l’usage le plus fréquent de l’expression concerne la ″quinte du loup″ : quand on accorde un instrument à clavier selon le ″cycle des quintes″, on part d’une note quelconque et, en montant par intervalles de quintes justes, on retrouve successivement toutes les notes de la gamme chromatique tempérée. Mais, pour retomber sur la note initiale, on constate que la dernière quinte doit être légèrement plus basse que les précédentes (voir aussi ce lien) : c’est là qu’est le loup.

Ce nom vient probablement du ″hurlement″ correspondant au mélange de deux sons contenant des fréquences harmoniques voisines : écouter une quinte juste suivie d’une quinte du loup.

Voir aussi Wikipedia

Qu’est-ce que l’agogique ?

Bien placé au cours de la conversation, vous êtes sûr de votre effet… encore faut-il savoir ce que ça veut dire. Ce nom féminin est un néologisme de l’allemand agogik proposé en 1884 par Hugo Riemann pour désigner les légères inflexions apportées au rythme ou au tempo par l’interprète d’un morceau de musique. Par exemple, une agogique subtilement dosée est nécessaire pour donner vie et expression à cette Valse du petit chien de Chopin (écouter) alors que son absence amène à une ennuyeuse exécution exacte et mécanique (écouter). Par contre, son excès conduit à une interprétation maniérée, ce qui n’est pas mieux (écouter).

L’agogique peut consister en une accélération, un ralentissement ou une légère suspension au sein d’un morceau. Elle est donc une part importante de l’interprétation et participe du ″ Phrasé″. On peut aussi l’apparenter au Rubato. L’agogique relève du compositeur lorsque ce dernier porte des indications sur la partition comme accelerando ou ritenuto. Mais elle relève surtout de l’interprète du fait du caractère qu’il imprime à l’œuvre. Elle exprime alors la singularité de l’interprétation d’une œuvre.

Qu’est-ce qu’une basse d’Alberti ?

Particulièrement utilisée pendant la période classique (Joseph Haydn, Wolfgang Mozart), il ne faut pas la confondre avec la basse chiffrée de la période baroque, par rapport à laquelle elle apparaît comme un procédé d’accompagnement plutôt rudimentaire. En fait, elle traduit, relativement au contrepoint qui prévalait avant son invention, une évolution du goût vers une musique plus simple et plus chantante ; elle consacre le triomphe de l’accord parfait par la primauté de l’écriture harmonique.

La basse d’Alberti consiste à réaliser l’accompagnement de la mélodie, par un motif répété, reposant sur un accord parfait arpégé. Elle assure une double fonction : rythmique et harmonique. Un exemple bien connu est fourni par le début de la Sonate pour piano n° 15 dite ″facile″ de Mozart, K. 545 (écouter).

On trouve le plus fréquemment la basse d’Alberti dans les œuvres pour le piano, à la main gauche. On la repère plus rarement dans des morceaux de musique instumentale. Elle doit son nom à Domenico Alberti (1710-1740), qui fut le premier à l’utiliser… et qui lui doit l’essentiel de sa notoriété.

Qu’est-ce qu’une « rosalie » ?

« Rosalie », c’est d’abord ce charmant prénom féminin remis à la mode par un film de Claude Sautet (César et Rosalie) et le chanteur Carlos (écouter). Mais c’est aussi un terme utilisé en musique pour désigner familièrement une maladresse mélodique consistant à répéter plusieurs fois le même motif en montant ou descendant par degrés successifs, comme une marche harmonique qui n’en finit pas (écouter). C’est la chanson populaire italienne ″Rosalia, mia cara″ qui lui a donné son nom. Ce procédé est considéré comme de mauvais goût. On dit aussi que « ça scie du bois ». On le trouve fréquemment dans la variété mais rarement dans la musique classique car il passe pour de la pauvreté d’inspiration.

Pourtant, dans les musiques répétitives, le procédé s’affiche comme une volonté expressive affirmée et donne des résultats souvent fascinants. Par exemple, dans l’opéra Einstein on the Beach de Philip Glass, écouter le début de l’Interlude n°3. Mais par ailleurs, des critiques très sévères se sont élevées contre la répétition en musique. Par sa monotonie et la lassitude qu’elle engendre chez l’auditeur, elle est considérée comme une sorte de lavage de cerveau à l’image de la publicité, non sollicitée, intrusive et répétée jusqu’à la nausée.

Qu’est-ce qu’une « note étrangère » ?

Non, ce n’est pas une note qui vient de l’étranger, encore que… tout dépend de ce que l’on entend par « étranger ». Car une « note étrangère » est une note qui ne fait pas partie de l’harmonie installée a priori par le compositeur et qui semble effectivement appartenir à une autre région tonale que celle inscrite dans l’armure (nombre de dièses et de bémols). Ainsi, l’appoggiature qui démarre la Sonate K. 310 de Mozart (écouter) est un ré dièse qui est totalement étranger à l’accord de la mineur qui suit. Cette dissonance introduit d’emblée une tension dramatique probablement liée au désarroi du compositeur qui vient de perdre sa mère (écouter le début de la sonate ici ou sur youtube).

L’usage des notes étrangères est plus fréquent qu’on ne le pense dans la musique jusqu’au XIXe siècle,  qui les introduit principalement sous la forme des appogiatures déjà citées, des broderies, des retards ou des anticipations et du procédé de la pédale dont un exemple célèbre est le début de l’Or du Rhin de Wagner (écouter). Avec la musique moderne, la note étrangère est surtout utilisée pour sa force expressive : elle enrichit la couleur de l’harmonie et entraîne l’auditeur dans un autre climat. Ainsi, dans la Berceuse de l’éléphant (Jimbo’s Lulluby) des Children’s Corner, Debussy introduit dès la 3ème mesure un sol qui détonne avec la tonalité principale de si bémol majeur. Et il répète cette dissonance avec insistance dans la suite du morceau, suggèrant ainsi avec humour le côté pataud du pachyderme (écouter).

Jimbo’s Lullaby (berceuse de l’éléphant)
Jimbo’s Lullaby Jimbo’s Lullaby

Plus on se rapproche du XXe siècle, moins la notion de « note étrangère » n’a de sens puisque le système tonal est progressivement abandonné ; la mélodie passe au second plan au profit d’une recherche de couleurs en perpétuelle mutation. Exemple : Chronochromie d’Olivier Messiaen (écouter le début).

Que signifient ces mots barbares ?

Carrée : durée égale à deux rondes représentée par un rectangle.

Savart ou Cent : unité de mesure fine des intervalles ; unité de graduation des accordeurs électroniques.

Code Parsons : système de notation n’utilisant que 3 signes : U, D et R (Up, Down et Repeat = plus haut, plus bas, même niveau).

Comma : par exemple, intervalle entre do# et réb ; vaut environ 1/9 de ton.

Enharmonie : 2 notes différentes produisant le même son (exemple do# - réb) ; permet des modulations étonnantes ; exploitée pour la 1ère fois par Rameau dans L’enharmonique (écouter).

Fausse relation : tension entre 2 sons successifs appartenant à 2 voix différentes.

Gruppetto : ornement de trois ou quatre sons tournant autour de la note principale.

Médiante : troisième degré d’une tonalité.

Mélisme : chanter de nombreuses notes sur une seule syllabe d’un texte.

Strette : finale d’une pièce où les différentes voix entrent de manière rapprochée.

Yodel : passage rapide de la voix de corps à la voix de tête.

Pour plus de termes techniques et théoriques utilisés dans la musique, voir Wikipedia

Termes italiens utilisés en musique

Pourquoi la plupart des termes utilisés pour préciser le caractère d’une musique (tempo, nuance, attaque...) sont-ils italiens ?

C’est parce qu’on a commencé à les fixer pendant la période baroque, alors que l’Italie dominait la vie musicale en Europe avec des compositeurs tels que Claudio Monteverdi, Gregorio Allegri, Girolamo Frescobaldi, Giacomo Carissimi, Arcangelo Corelli, Domenico Scarlatti, Antonio Vivaldi... pour ne citer que les plus connus. Rappelons aussi que l’opéra, la sonate et le concerto sont des inventions italiennes.

Par la suite, la tradition a perduré, et l’italien est devenu un code international pour annoter les partitions, à de rares exceptions près (François Couperin et Jean-Philippe Rameau notamment). Cependant, à partir du XIXe siècle, un sentiment nationaliste a poussé de nombreux compositeurs (Robert Schumann, Achille Claude Debussy..) à choisir plutôt leur langue.

Parmi les termes italiens, citons les plus connus :
a cappella, ad libitum, adagio, alla breve, allegretto, aria, assai,
barbaro, bel canto, brillante,
cadenza, canzone, capriccioso, coda, coloratura, concertino, continuo, crescendo,
fortissimo, glissando, intermezzo, largo, lento, maestoso,
opera buffa, opera seria, ostinato, pianissimo, pizzicato, prima donna,
rubato, scherzo, sonata, sostenuto, staccato, tutti, vivace...

Pour plus d’infos, voir : Termes italiens en musique

Microtonalité : une curiosité ?

Les micro-intervalles existaient bien avant l’avènement de la musique dite classique, mais certains compositeurs les redécouvrent à la fin du XIXe siècle, lorsque la musique commence à atteindre un état de saturation chromatique.

En 1907, Ferruccio Busoni envisage l’usage du tiers de ton. Charles Ives utilise le quart de ton dans sa quatrième symphonie (1910–16 : écouter un extrait du 2nd mvt).

Au XXe siècle, certains (notamment Jolivet et Messiaen), se référant aux musiques extra-européennes, cherchent à élargir le répertoire des effets instrumentaux, essentiellement pour les cordes, les vents, et dans le domaine électro-acoustique.

La musique dite « spectrale », qui s’est développée au cours des années 1970-1980 utilise largement la microtonalité pour glisser progressivement d’un phénomène sonore à un autre.

Pour plus d’infos, voir : Musique microtonale

Que désigne l’expression « Diabolus in Musica » ?

En musique, triton est un autre nom de l’intervalle de quarte augmentée, ou encore de quinte diminuée. Ce nom est dû au fait que cet intervalle fait exactement trois tons. À la fin du Moyen Âge, le triton a été systématiquement évité car jugé trop dur à l’oreille, ce qui lui valut le surnom de « Diabolus in Musica » — le « Diable dans la musique ».

En raison de cette association symbolique originelle, les sonorités de l’intervalle ont été, dans l’inconscient populaire, culturellement assimilées à quelque chose de diabolique. Aussi, de nos jours, l’emploi du triton tend souvent à connoter un sentiment « malsain » ou « maléfique ».

Un exemple fameux est le ballet L’Oiseau de feu d’Igor Stravinsky où cet intervalle revient souvent comme un leitmotiv du sortilège associé à l’Oiseau. L’introduction, et particulièrement les toutes premières mesures aux violoncelles et contrebasses, reposent entièrement sur cet accord de triton : écouter.

Pour plus d’infos, voir : Triton

Qu’est-ce que le glissando de Shepard-Risset ?

Roger Shepard a créé en 1964 une gamme composée de signaux sinusoïdaux séparés par des octaves. Quand le signal descend (ou monte), cela crée l’illusion auditive d’une gamme qui descend (ou monte) indéfiniment. C’est la version sonore de l’objet impossible appelé escalier de Penrose.

Jean-Claude Risset a créé une version continue de la gamme de Shepard : elle est nommée glissando de Shepard-Risset (écouter). Risset a également créé un effet similaire avec un rythme dont le tempo semble indéfiniment accélérer ou décélérer.

Pour plus d’infos, voir : Illusion auditive et Glissando de Shepard-Risset

Ressources liées

Avez-vous bien lu ? (mini Q.C.M. sur le dossier)

Contenu lié : Plus de Q.C.M.

1) Qu’est-ce qu’une « rosalie » ?

2) Et le glissando de Shepard-Risset ?

3) Et une basse d’Alberti, c’est quoi une basse d’Alberti, hein dites ?

4) Définissez le gruppeto.

5) La musique spectrale…

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